Famille: Un organe fédéral milite pour 38 semaines de congé parental

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FamilleUn organe fédéral milite pour 38 semaines de congé parental

Selon la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF), un congé parental de 38 semaines serait bénéfique pour la famille, pour l'économie et pour l'égalité.

par
Anne-Charlotte Müller
Une analyse de 140 études démontre qu'un congé parental de 38 semaines serait le meilleur modèle pour la Suisse.

Une analyse de 140 études démontre qu'un congé parental de 38 semaines serait le meilleur modèle pour la Suisse.

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Quelques jours avant que la commission du Conseil des États se prononce sur l'initiative populaire en faveur du congé paternité de quatre semaines, la Commission fédérale de coordination pour les questions familiales (COFF) milite pour un modèle de congé parental de 38 semaines. Ce groupe extraparlementaire composé de scientifiques et d'experts, comprenant des sociologues, des professionnels de la santé et des psychologues explique, dans un rapport qui sera publié lundi, en quoi cette nouvelle proposition serait profitable pour la famille, pour l'économie dans son ensemble et pour l'égalité. Son constat émane d'une analyse de 140 études scientifiques récentes produites dans le monde entier, entre 2010 à 2017, rapporte Sonntags Zeitung et Le Matin Dimanche.

38 semaines rémunérées à 80 % du salaire

La proposition de la COFF milite pour 38 semaines de congé réparties comme suit: 14 semaines seraient accordées à la mère et 8 semaines au père. Les 16 semaines restantes pourraient être obtenues à la discrétion de la mère ou du père. Pour éviter que les femmes enceintes prennent un congé maladie avant le terme, la COFF prévoit que sur les 14 semaines, deux puissent être utilisées avant l'accouchement. La rémunération s'élèverait à 80 pour cent du salaire.

D'autre part, le congé parental pourrait être pris sur les trois années suivant la naissance de l'enfant, mais seulement deux semaines de congé maternité et paternité pourraient se chevaucher. Ainsi, la COFF veut empêcher que le congé parental soit utilisé pour de longues vacances.

La COFF ne voit que des avantages à cette nouvelle proposition. Ces 38 semaines diminuerait les stress des mères, la dépression post-natale et la mortalité infantile. L'augmentation de la durée de l'allaitement maternel réduirait également le risque de diabète et d'obésité des nouveau-nés. La relation entre le père et l'enfant serait renforcée ce qui conduirait les pères à être plus satisfaits et les enfants scolarisés plus heureux. Aussi, ces 38 semaines de congés parentaux augmenteraient le taux d'emploi des femmes et réduiraient la pénurie de travailleurs qualifiés.

Un congé parental de luxe

Cette proposition coûterait jusqu'à 1,7 milliard de francs par an. Elle serait financée par la TVA et par les allocations pour perte de gain en cas de service et de maternité (APG).

Cependant, même avec 38 semaines de congé, la Suisse se situerait encore dans la moitié inférieure de l'échelle des 36 pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) dont le congé parental s'élève en moyenne à 54 semaines. Avec le modèle d'aujourd'hui (14 semaines de congé pour la mère), la Suisse fait figure de mauvais élève. Selon la COFF, même les pays socialement conservateurs comme la Turquie offrent de meilleures solutions.

Toutefois, les experts de la COFF estiment que les modèles super luxueux, comme ceux de Finlande ou de Hongrie, seront bientôt dépassés. Car l'analyse a également montré que si le congé parental dépassait une certaine durée, la paresse deviendrait généralisée. Et le taux d'emploi des femmes reculerait encore.

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