Actualisé 09.02.2014 à 17:34

FAIFUn oui confortable pour le fonds ferroviaire

Le projet de financement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF) a facilement passé la rampe par 62% des voix. Seul le canton de Schwyz a dit non.

par
ats

L'avenir du rail sera assuré par un fonds permanent doté de 6,4 milliards de francs pour la première étape jusqu'en 2025. Les Suisses ont accepté dimanche par 62% le plan de financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF). A l'exception de Schwyz, tous les cantons, romands en tête, ont dit «oui».

Le nouveau fonds financera à la fois l'entretien, l'exploitation et l'extension du réseau suisse. Le lobby routier et l'UDC n'ont pas réussi à couler un projet à leurs yeux surdimensionné et injuste envers les automobilistes. Dans leur ligne de mire en particulier, la déduction pour frais de transport que tous les pendulaires verront désormais limitée à 3000 francs pour l'impôt fédéral direct.

Non seulement les billets de train vont renchérir, mais le relèvement temporaire de la TVA pour assainir l'AI sera en partie maintenu au profit du rail (0,1 point de 2018 à 2030). Cantons et Confédération devront également débourser davantage.

«Oui» massif côté romand

Toutes les régions profiteront du nouvel instrument, mais surtout la Suisse romande avec une première manne de 3 milliards. Elle servira pour des améliorations des noeuds de Genève et de Lausanne ou encore de la ligne du pied du Jura et permettra de réduire le temps de parcours entre Lausanne et Berne.

Les Romands y ont été sensibles. Les Genevois ont plébisicité le projet par 76,6% devant les Vaudois (73,9%) et les Neuchâtelois (68,7%). Suivent le Jura (64,9%) et le Valais (60%). Les Fribourgeois sont moins catégoriques avec tout de même 58,6% de «oui», Berne a donné son accord par 57,6% des voix.

Regards tournés vers le fonds routier

Autant les partisans que les opposants se tournent à présent vers le projet de fonds routier. Chez les premiers, le président de l'Alliance pour les transports publics Roger Nordmann (PS/VD) examinera «sans préjugés» les propositions de la ministre des transports Doris Leuthard. «Nous ne sommes pas opposés à une extension du réseau routier, surtout dans les agglomérations.»

Dans l'autre camp, le président du comité des opposants Walter Wobmann (UDC/SO) répète que «la nécessité d'agir pour le trafic routier est grande». Même son de cloche du côté de l'Association suisse des transports routiers (ASTAG) et du Touring Club Suisse (TCS). Au rang de leurs priorités figurent la suppression des goulets d'étranglement et une politique des transports globale.

Excepté l'UDC, qui fustige la réduction de la déduction fiscale pour les pendulaires, les partis politiques se félicitent du résultat. Aussi bien le PS, le PDC que le PLR promettent leur appui aux investissements en faveur des automobilistes.

Le projet de fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération devrait être mis en consultation ce mois-ci encore, a annoncé la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Appel à des prix raisonnables

Du côté des usagers, le Forum alémanique des consommateurs (kf) réclame que «les prix des billets de train n'augmentent pas trop», selon son directeur Michel Rudin. «Il est encore trop tôt pour aborder ce sujet», réplique le patron des CFF Andreas Meyer.

Que prévoit le projet? Notre article et nos graphiques.

Le rail gagne souvent

Avec son «oui» au fonds ferroviaire, le peuple a soutenu une fois de plus la politique du Conseil fédéral et du Parlement en matière de rail. Dans le domaine des transports routiers, les refus populaires aux propositions des autorités, comme sur la vignette à 100 francs, constituent aussi l'exception.

Jusqu'ici, le souverain a donné trois fois son feu vert à des projets à plusieurs milliards de francs pour le développement du rail. En 1987, les citoyens ont accepté le concept «Rail 2000», avec le tronçon Mattstetten-Rothrist, sur la ligne Berne-Zurich, comme pièce de résistance. Cinq ans plus tard, le peuple a approuvé les nouvelles lignes ferroviaires à travers les Alpes (NLFA).

Mais comme les coûts étaient devenus incontrôlables, ces deux grands projets ont dû être redimensionnés et répartis en plusieurs étapes. Avec l'acceptation en 1998 du Fonds pour les transports publics (FTP), une nouvelle base financière était créée pour les grands projets ferroviaires.

Ce fonds temporaire sera désormais remplacé par celui d'infrastructure, une structure permanente mise en place dans le cadre du plan de financement et d'aménagement de l'infrastructure ferroviaire (FAIF) accepté dimanche.

Dans le domaine routier, presque tous les projets soumis par les autorités ont passé la rampe ces 30 dernières années. (ats)

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