Annonces du Conseil fédéral - «Un pas vers la normalité» salué mais pas assez rapide
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Annonces du Conseil fédéral«Un pas vers la normalité» salué mais pas assez rapide

Associations patronales et restaurateurs saluent la fin annoncée du télétravail obligatoire et la réouverture des établissements. Mais tous voudraient que les choses avancent plus vite. Du côté de la culture, on attendait davantage.

par
Gilles Martin
Adeline Hostettler
Noemi Cinelli
Les salles de restaurant pourront de nouveau accueillir des consommateurs le 31 mai.

Les salles de restaurant pourront de nouveau accueillir des consommateurs le 31 mai.

20min/Taddeo Cerletti

«C’est une décision juste qui fait un pas de plus vers la normalité», a réagi Massimo Sutter, vice-président de GastroSuisse, mercredi après l’annonce par le Conseil fédéral de la réouverture complète des restaurants pour le 31 mai. Mais le timing le déçoit: «Je n’estime pas nécessaire ce délai de réflexion de deux semaines, car à mon avis les cantons seront aussi d’accord de rouvrir les restaurants». Il espère au moins gagner un week-end: «Étant donné que le 31 mai tombe un lundi. Je souhaiterais au moins qu’on puisse ouvrir le samedi».

Président de la faîtière de la restauration, Casimir Platzer abonde dans un communiqué: «Une prolongation de la fermeture temporaire (partielle) des restaurants n’est plus défendable (…) Le fait d’ouvrir seulement les espaces extérieurs n’aide pas la branche», car les chiffres d’affaires sont globalement faibles et l’incertitude de la planification liée à la météo est un problème majeur.

La culture reste sur sa faim

«C’est réjouissant, mais cela ne va pas changer grand-chose pour nous. À l’Echandole, on pourra passer de 40 à 60 spectateurs seulement, car la salle est petite. Pour Benno Besson, ils pourront accueillir 100 personnes», nuance pour sa part Alice Kummer, chargée de communication de L’Echandole à Yverdon-les-Bains (VD). «Depuis fin avril, les places ont presque toujours été complètes. On voit que les gens sont au taquet et ont vraiment envie de venir.»

Même tonalité chez Thierry Luisier, secrétaire général de la fédération romande des arts de la scène: «On voit les choses positivement, mais ça reste en dessous de ce qu’on attendait. C’est dommage que le Conseil fédéral ne tienne pas compte de la capacité des salles, on souhaiterait des mesures qui tiennent compte de la proportionnalité de nos établissements».

Trop flou et trop lent, selon les patrons

Du côté des associations patronales, on salue l’assouplissement promis en matière de télétravail, mais on attend des précisions. «Les entreprises seront soulagées dans un premier temps que ces mesures s’assouplissent, mais il faudra voir comment le système de test sera mis en place. En effet, si cela est trop compliqué, elles vont maintenir au maximum leurs employés en télétravail», craint Véronique Kämpfen, communicante de la Fédération des entreprises romandes à Genève. «De nombreux points sont encore à éclaircir concernant les tests. On ne sait pas lesquels seront requis, si l’entreprise doit avoir du personnel médical sur place. J’espère qu’on en saura plus le 26 mai.»

«Le poids toujours accordé à une sécurité sanitaire maximale empêche un retour à la normale que tous les indicateurs autoriseraient cependant», regrette le Centre Patronal dans un communiqué. «Les mesures peuvent, de l’avis du Centre Patronal, être mises en œuvre dès le 17 mai. Renvoyer la décision au 26 mai, pour une entrée en vigueur des allègements au 31 mai apparaît comme une «mesure dilatoire qui n’est en aucun cas commandée par les circonstances». Dans un communiqué, le PLR réclame lui aussi une normalisation plus rapide.

Joie modérée des voyagistes

La levée de la quarantaine de voyage pour les personnes vaccinées est un «pas dans la bonne direction», indique Walter Kunz, porte-parole de la Fédération suisse du Voyage. «Maintenant au moins, on peut planifier les vacances pour les personnes qui ont les vaccins», se réjouit-il. «C’est une nouvelle positive. D’une semaine à l’autre, un pays est sur la liste et puis plus. Au moins maintenant, pour les personnes vaccinées, cela n’aurait plus d’importance». Mais il en espère davantage: «On attend aussi que les personnes qui ont eu les deux doses du vaccin puissent être exemptées de faire un test PCR dans le futur».

Pas de révolution dans les hautes écoles

«Ces assouplissements sont suffisants à court terme. Ce qui sera plus tendu, c’est la rentrée. Actuellement, toutes les écoles sont en «mode hybride», c’est planifié. Ce dispositif peut perdurer jusqu’à la fin de l’année académique. Les annonces ne vont pas provoquer une énorme révolution», analyse Jacques Chapuis, directeur de l’Institut et Haute École de La Source, à propos du retour possible des cours en présentiel dans les hautes écoles avec des plans de protection.

«J’ai des espoirs pour la rentrée: que l’on puisse avoir, avec des moyens de précaution, une rentrée où on verra les étudiants revenir à l’école», estime-t-il. «Le plan de dépistage peut être mis en place, même si c’est lourd et compliqué. Mais il faut faire attention à ce qu’il ne donne pas un sentiment de toute-puissance aux étudiants testés négatifs et que les gestes barrières ne soient plus respectés», prévient-il.

Concernant son secteur en particulier, Jacques Chapuis se dit «pour le passage à une vaccination systématique de tous les étudiants de la santé». Pour des soignants, «c’est capital, puisqu’on travaille avec des gens vulnérables».

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