30.10.2018 à 15:04

FranceUn père condamné pour une gifle envers un prof

Un quadragénaire a été reconnu coupable d'agression sur l'enseignant de sa fille.

La jeune fille est revenue sur ses propos, après les faits. (Photo d'illustration)

La jeune fille est revenue sur ses propos, après les faits. (Photo d'illustration)

Keystone

Un père de famille a été condamné lundi soir à 6 mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Lyon pour avoir asséné une violente gifle à un enseignant, après des accusations de sa fille qui se sont révélées fausses.

Hadi H., âgé de 42 ans, devra également verser 750 euros de dommages et intérêts ainsi que 500 euros au titre des frais de justice. En revanche, le tribunal ne l'a pas astreint à un stage de citoyenneté, comme requis par le procureur.

«C'est toi qui a baissé la culotte de ma fille?»

Le 2 octobre, la jeune fille de 13 ans, scolarisée au Collège Evariste Galois de Meyzieux (banlieue de Lyon), était exclue d'un cours de chimie qu'elle perturbait. Elle appelle alors sa mère au téléphone, en présence du père. «J'ai été virée et (l'enseignant) a baissé mon pantalon pour me donner une fessée», entend-il alors.

Hadi H., qui exerce la double activité de chauffeur-livreur et de chauffeur de VTC, part alors furieux récupérer sa fille. Dans la voiture, celle-ci se plaint que «tout le monde a vu (sa) culotte».

Sur les indications de sa fille, il se rend dans la salle des professeurs où il reconnaît l'enseignant, déjà rencontré lors d'une réunion de rentrée. «C'est toi qui a baissé la culotte de ma fille?» lui lance-t-il alors avant de lui asséner une gifle qualifiée de «monumentale» par la CPE.

La fillette revient sur ses dires

L'agression avait déclenché un mouvement de grève de deux jours des enseignants. Et dès le lendemain, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, avait publié un tweet dénonçant les faits. L'enquête n'a pas permis de confirmer les assertions de la jeune fille, qui est revenue par la suite sur ses propos en disant que l'enseignant l'avait simplement «tenue par le pantalon» alors qu'il tentait de la faire descendre d'une chaise.

L'enseignant agressé, Mustafa C., avait la réputation, selon ses propres termes, d'être toujours «à l'écoute des élèves». C'était «la mascotte», «l'emblème» du collège, a abondé la principale du collège lors de l'audience. «Il en a gros sur le coeur», a relevé son conseil, Me Marina Stefania, en relevant que son client, très ému pendant l'audience, n'osait plus désormais se retrouver seul avec un élève.

La jeune fille a été suspendue de l'établissement dans l'attente d'un prochain conseil de discipline.

(AFP)

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