Roger Federer: Un petit couac dans «une année magnifique»
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Roger FedererUn petit couac dans «une année magnifique»

Alors qu'il rêvait de décrocher un troisième titre majeur en moins de neuf mois, Roger Federer a chuté à New York.

Un impromptu très enlevé à Melbourne, une fugue pour Roland-Garros, un récital à Wimbledon et, pour finir, un petit couac à Flushing Meadows: en 2017, Roger Federer a réussi un retour tonitruant sur le devant de la scène.

Juan Martin Del Potro l'a certes stoppé sans ménagement en quarts de finale de l'US Open, mais le géant argentin est seulement le quatrième joueur à l'avoir battu en 2017 après le Russe Evgeny Donskoy (116e mondial), au 2e tour à Dubaï début mars, l'Allemand Tommy Haas (302e) au 1er tour à Stuttgart début juin, un autre Allemand Alexander Zverev (alors 8e mondial) en finale à Montréal mi-août.

«Cela fait partie du sport, on ne peut pas toujours gagner, on tombe face à des joueurs qui sont meilleurs que vous sur un match, mais mon année reste magnifique», a insisté Roger Federer, éliminé 7-5, 3-6, 7-6 (10/8), 6-4.

«Jamais il n'avait été aussi agressif»

A son bilan de 2017, figurent aussi 39 victoires, cinq nouveaux titres, dont deux en Grand Chelem, et des chefs d'oeuvres comme son improbable conquête de l'Open d'Australie, son doublé Indian Wells/Miami ou encore son impressionnante quinzaine de Wimbledon où il n'a pas perdu un seul set. Sa 17e place avant Melbourne, après avoir été éloigné du circuit pendant six mois pour soigner son dos et un genou, lui offrait pourtant des tableaux compliqués en début de saison mais, après la quinzaine new-yorkaise, il redeviendra dauphin de Rafael Nadal au classement ATP grâce à ce bel enchaînement.

C'est peu dire que Roger Federer a surpris les observateurs et ravi ses pairs. «Personne ne s'attendait à le voir revenir et gagner aussi vite des Grand Chelems», admet le Suédois Mats Wilander, ancien numéro 1 mondial reconverti consultant TV qui prédit encore quelques belles années au Bâlois. «Ce qui me frappe le plus, c'est la manière dont il a changé son jeu (...). Jamais il n'avait été aussi agressif, et je le trouve meilleur aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque où il dominait le circuit dans les années 2004-2007».

Le Belge David Goffin, 14e mondial, insiste lui sur l'intelligence de son programme. Une sagesse face aux blessures qui est en train de faire école parmi les cadors. Inspirés, Novak Djokovic et Stan Wawrinka ont ainsi mis prématurément fin à leur saison plutôt que de traîner des blessures. «Il a décidé de jouer peu, de faire le choix d'un calendrier très léger, en ne jouant pas sur terre battue et ça a payé. Il est un des rares joueurs à jouer très peu en compétition mais très, très bien en tournoi», note David Goffin.

«Encore des choses à gagner»

Roger Federer tient à finir 2017 en beauté, après une pause pour soigner un dos qui lui a encore joué un mauvais tour entre Montréal et Flushing Meadows. «2017 n'est pas fini, il y a encore des choses à gagner, même si c'est vrai que tout ce qui arrive à partir de maintenant, c'est du bonus. (...) J'ai encore des objectifs d'ici la fin de l'année», a-t-il rappelé.

A son programme figure donc la première édition de la Laver Cup, compétition par équipes où il sera associé à Rafael Nadal fin septembre à Prague, puis des escales à Shanghaï, Bâle, «son» tournoi de coeur, et le dernier Masters 1000 de l'année à Paris, avant le Masters londonien en novembre.

Même si ce n'est pas une priorité affichée («Je vivrai bien sans être N.1 cette année»), Roger Federer peut même encore espérer détrôner Rafael Nadal, même si l'Espagnol peut prendre le large en cas de titre dimanche. «Dans l'immédiat, j'ai besoin de repos, de repartir à l'entraînement. Mais je suis optimiste pour la fin de saison, surtout qu'en règle générale, c'est une période où je joue très bien», a-t-il lancé, avec appétit, avant de quitter New York.

(AFP)

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