Football: Un peu bancal, GC s’accroche à ses principes
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FootballUn peu bancal, GC s’accroche à ses principes

Huitième de Super League, la formation de Giorgio Contini n’est pas sauvée avant de défier Servette samedi (20h30). Mais son entraîneur reste calme.

par
Valentin Schnorhk
Le portier André Moreira incarne en premier lieu les idées de son entraîneur Giorgio Contini. Suffisant pour se maintenir?

Le portier André Moreira incarne en premier lieu les idées de son entraîneur Giorgio Contini. Suffisant pour se maintenir?

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Sept matches, et autant de raisons de se ronger les ongles. En Super League, Grasshopper est encore loin d’être tiré d’affaire. Pas tant pour ce qui est de la relégation directe, puisque les Sauterelles comptent 12 points d’avance sur le Lausanne-Sport. La 9e place, synonyme de barrage contre le 2e de Challenge League, demeure en revanche un véritable risque. GC n’a que cinq unités de plus que Lucerne. D’autant plus rageant que le week-end passé, dans le duel qui opposait les deux formations, les Zurichois menaient 2-0 à la pause, avant de concéder l’égalisation à la 90e minute. Rien ne sera simple pour Giorgio Contini, qui guidera sa formation à la Praille contre Servette samedi (20h30).

«Je ne vais pas commencer à faire autre chose, parce que ce n’est pas moi»

Giorgio Contini, entraîneur de Grasshopper

L’ancien entraîneur du Lausanne-Sport s’y est fait. À la Pontaise puis à la Tuilière, déjà, la vie qu’il menait n’était pas des plus faciles. À Grasshopper, c’est encore une autre affaire. Les recrues arrivent du monde entier ou presque: une douzaine de nationalités différentes sont représentées dans le contingent. «Cela fait partie du métier, accepte-t-il. J’en avais déjà un peu fait l’expérience à Lausanne. Il est clair que l’intégration est toujours quelque chose de difficile, surtout avec des Asiatiques. Nous avons des traducteurs coréens, les Japonais et les Chinois parlent anglais. Il faut donner du temps aux joueurs pour qu’ils s’adaptent à leur nouvelle vie. Mais tactiquement, on arrive toujours à s’adapter.»

«Surtout ne pas changer»

Rien que cet hiver, sept nouveaux joueurs sont venus garnir les rangs du Rekordmeister. Lesquels s’ajoutaient déjà à la nouvelle équipe «livrée» l’été dernier, pour servir de club ferme à Wolverhampton (détenu par le même propriétaire). Bref, pour Contini, la quête de l’équilibre est semée d’embûches. Et c’est bien ce qui le contraint à envisager le pire, pour tenter de s’en préserver du mieux possible. «Dès le début de saison, j’ai dit qu’en tant que néo-promu, il ne faut jamais penser être sauvé tant que ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, je ne suis donc pas choqué de voir où on en est.» En 2022, GC n’a remporté qu’un seul match en onze rencontres: contre Lausanne, le 12 février. Pour le reste, il y a eu trois matches nuls, notamment ceux contre Zurich et Lucerne lors des deux dernières journées. Léger mieux, donc. «L’essentiel est de rester calme, et surtout de ne pas changer ma méthodologie. Telle est la clé», assène l’entraîneur de 48 ans.

Il faut bien s’accrocher à ses convictions. Depuis le début de saison, Contini n’a ainsi pas tant changé d’idées. Les principes restent sensiblement les mêmes. Avec notamment une attention toute particulière accordée aux sorties de balle. GC est en effet une des rares formations de Super League à être en capacité de repartir depuis son gardien et remonter tout le terrain pour aller marquer. Il l’a déjà fait à plusieurs reprises.

Signe d’un travail précis. «C’est la philosophie que j’essaie de mettre en place dès le premier jour, confirme-t-il. Je ne vais pas commencer à faire autre chose, parce que ce n’est pas moi. On travaille ainsi sur le positionnement, sur des exercices analytiques. L’objectif, c’est de donner des idées sur où l'on veut faire partir la balle et où l’on veut arriver. Je dois donner les solutions aux joueurs, mais à la fin, c’est aussi à eux de prendre l’initiative.» Tout ne peut pas être automatisé. Mais le départ des actions est plus susceptible de l’être.

Moreira, un des hommes-clés

Il y a ainsi des joueurs-clés pour reproduire ces phases de jeu. Le portier André Moreira en fait partie. Même s’il est en partie responsable de l’avantage perdu contre Lucerne samedi dernier, puisque c’est une de ses mauvaises relances qui a amené Kvasina à inscrire le 2-1. «C’est vrai, il avait fait le mauvais choix, mais il est encore jeune, accepte son coach. Il a progressé tout au long de la saison et ses qualités de jeu au pied, tant du gauche que du droit, sont importantes.». Arrivé de Belenenses en début de saison, le Portugais de 26 ans présente des garanties dans les buts, mais il est donc surtout le premier relanceur de GC. Comme Mory Diaw l’était pour le LS l’an dernier. L’objectif étant ensuite de trouver les espaces plus haut dans le terrain pour faire briller la vitesse de Kaly Sène (10 buts cette saison) et de Francis Momoh (3 réalisations).

«Servette est une équipe qui laisse de l’espace pour jouer»

Giorgio Contini, entraîneur de Grasshopper

Servette est donc prévenu. Même si les Grenat n’ont jamais perdu face à GC lors des trois premières confrontations (deux victoires, un nul). Non sans souffrir. Contini y aspire à nouveau: «J’ai vu contre Zurich que Servette a fait un match de haut niveau sur le plan tactique. Mais je sais aussi que c’est une équipe qui laisse de l’espace pour jouer. Si on arrive donc à passer la première ligne, on peut trouver des solutions». Et peut-être un petit peu de sérénité.

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