23.06.2017 à 10:07

ViolencesUn policier battu à mort au Cachemire indien

Un officier de police en civil, qui était à l'extérieur de la grande mosquée à Srinagar, a été lynché par des fidèles.

Un policier a été frappé à mort devant la mosquée à Srinagar

Un policier a été frappé à mort devant la mosquée à Srinagar

Archives/photo d'illustration, Keystone

Un policier accusé d'espionner les fidèles de la grande mosquée du Cachemire indien a été frappé à mort devant la Jamia Masjid de Srinagar, ont rapporté vendredi les autorités et des témoins.

La vallée de Srinagar, située dans la partie administrée par l'Inde de cette région poudrière, vit depuis avril au rythme d'une énième vague de violence. Les fusillades opposant rebelles aux forces de sécurité et les manifestations meurtrières contre New Delhi sont quasi-quotidiennes.

«Un nouvel officier de police a donné sa vie pour son devoir», a annoncé la police dans un communiqué vendredi, rapportant qu'il avait été «attaqué et frappé à mort par la foule».

Tard dans la nuit jeudi, des personnes ont abordé Mohammad Ayub Pandith alors qu'il prenait des photographies avec son téléphone portable à l'extérieur de la mosquée de la vieille ville de Srinagar durant «la nuit du destin», un temps fort du ramadan musulman où se tiennent des prières nocturnes.

Selon des témoins, des fidèles ont demandé au policier, qui était en civil, de s'identifier. Saisi de panique, il a sorti son pistolet et tiré, blessant trois personnes. Son collègue, également en civil, s'est enfui.

«Profondément perturbant»

«À ce moment-là, des jeunes se sont jetés sur lui, lui ont arraché son arme et plus de gens sont venus et ont commencé à le frapper», a relaté à l'AFP un témoin qui a souhaité conserver l'anonymat.

La vieille ville de Srinagar, traditionnel théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de sécurité indiennes, était sous couvre-feu vendredi par peur de nouveaux débordements.

Le plus haut membre du clergé du Cachemire, Mirwaiz Umar Farooq, a dans un tweet condamné ce lynchage, qu'il a qualifié de «profondément perturbant».

«Nous ne pouvons laisser la brutalité de l'État nous prendre notre humanité et nos valeurs», a-t-il ajouté.

Le plateau himalayen du Cachemire est de facto divisé entre l'Inde et le Pakistan. Depuis la Partition de 1947, New Delhi et Islamabad se déchirent pour le contrôle de la région, un conflit dont découle une insurrection séparatiste dans la partie indienne.

Depuis juillet 2016, plus de 100 jeunes hommes et femmes ont trouvé la mort lors de manifestations au Cachemire, renforçant le ressentiment d'une partie de la population locale envers l'Inde, perçue comme une puissance occupante.

Avec un demi-million de soldats indiens postés sur son sol, la région à majorité musulmane est l'une des zones les plus militarisées au monde.

(AFP)

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