Défi: Un pouce levé pour s'évader
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DéfiUn pouce levé pour s'évader

La plus grande compétition d’auto-stop du pays a lieu aujourd’hui. Des anciens participants racontent leur expérience.

par
David Ramseyer
Comme Clara Della Casa et Céline Vidal, organisateurs et participants sont quasi tous étudiants à Genève.

Comme Clara Della Casa et Céline Vidal, organisateurs et participants sont quasi tous étudiants à Genève.

Maxime Schmid

«Ça m’a bouleversé! Il y a des sourires, de la solidarité.» Argur Gashi, 23 ans, garde un souvenir éblouissant du premier concours d’auto-stop Pousse-Pouce, l’an passé. L’édition 2018 débute aujourd’hui à l’île Rousseau. 280 inscrits s’élanceront par équipes de deux et découvriront ce matin leur destination, située dans un rayon de 250 km autour de Genève. Un repas et une nuit à l’hôtel attendent les concurrents au terme de leur périple.

Car c’en est bien un, de périple, qui peut se révéler rocambolesque. «L’année dernière, on était au même endroit qu’un autre duo. Un couple de seniors nous a pris tous les quatre dans sa voiture, qui n’avait pas de banquette arrière. On s’est entassés dans le coffre, assis sur leurs affaires», se marre Argur.

Marlène et une amie ont voyagé avec un jeune pompier: «Pour nous, il a fait un détour de plus d’une heure et a manqué un rendez-vous avec son ex. Ma copine a dû l’appeler pour la prévenir». De son côté, le duo d’Isabelle a embarqué avec un frère et une sœur qui se rendaient à une réunion de scouts. «Ils ont tenu à nous rependre à bord après un point de contrôle. Ils nous ont avoué qu’ils arriveraient en derniers à leur camp et qu’ils seraient donc de corvée de vaisselle.» Une ambiance détendue, des rencontres inoubliables: que du bonheur? Presque. Il y a tout de même du stress, surtout la première fois. «Je craignais une mauvaise rencontre. Le défi a été de sortir de ma zone de confort», témoigne Marlène.

Comme une thérapie

Une appréhension salutaire pour éviter de faire n’importe quoi, soulignent les membres du comité d’organisation. Pour son président, l’auto-stop est surtout un moment de partage: «Cela permet de découvrir des gens très différents», avance Florian Parini. Régulièrement, des chauffeurs en profitent pour se confier, «de vraies séances de thérapie», image Dino Vajzovic.

Pour éviter les ennuis

Si «la probabilité de tomber sur un psychopathe est très faible», selon les organisateurs, ils tiennent à assurer la sécurité des participants. Ces derniers ont l’interdiction de faire du stop sur l’autoroute. Ils doivent porter des gilets fluo pour être visibles et voyagent toujours en duo.

Autre précaution: photographier la plaque d’immatriculation de la voiture qui les embarque, puis envoyer le cliché à leurs proches. Des voitures-balais récupèrent les auto-stoppeurs en rade. Enfin, si l’automobiliste paraît louche, «il faut être responsable et savoir lui dire non».

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