22.12.2017 à 10:28

PornographieUn prédateur piégé par la police fédérale

Un individu de 24 ans au moment de faits pensait chatter avec une ado de 12 ans. Il lui envoyait, notamment, des photos de son sexe. Pincé par un agent infiltré, il vient d’être condamné.

par
Valérie Duby
Le jeune homme chattait sur skyrock.com pour trouver ses proies.

Le jeune homme chattait sur skyrock.com pour trouver ses proies.

richiesd/Istock

«Reconnaissez-vous les faits?» demande le président du Tribunal de police de Genève, Christian Albrecht, à l’homme de 26 ans qui comparaît devant lui. Le jeune homme hoche la tête. Peu de mots pour une audience express de moins de trente minutes. Une procédure simplifiée qui a abouti comme prévu à une condamnation.

Sur le banc des accusés, A., célibataire, originaire d’Espagne mais né en Suisse, qui vient de terminer des études en... informatique. L’homme a été arrêté le 10 novembre 2016 avant d’être remis en liberté provisoire moins de quinze jours plus tard, sous condition. Parmi elles, l’interdiction d’entretenir tout contact avec des personnes âgées de moins de 18 ans. On lui reproche d’avoir chatté sur le site skyrock.com avec une adolescente de 12 ans sous le pseudonyme «Un-Tigre». L’étudiant prédateur de 24 ans à l’époque lui avait alors envoyé une photo de son sexe en érection, lui avait décrit ses fantasmes et tenté d’organiser avec elle une session webcam en direct.

Seul «problème» pour A., sa cible de 12 ans n’existait pas du tout. Il s’agissait en réalité d’un agent de la police fédérale travaillant sous couverture, dûment autorisé par le Tribunal des mesures de contrainte du canton de Schwytz.

Aussi avec une vraie ado

Aucune plainte n’a été déposée mais l’Espagnol s’est retrouvé derrière les verrous, son téléphone et son ordinateur saisi. L’acte d’accusation de la première procureure Gaëlle Van Hove lui reproche aussi d’avoir, entre le mois de mars et le mois de novembre 2016, via l’application WhatsApp, échangé des propos et des images pornographiques avec une jeune fille née en 2001. Elle, existait vraiment…

L’acte d’accusation fait état de plusieurs vidéos de masturbation, geste qu’il a pratiqué sur lui-même au cours de leurs conversations. L’accusé a réussi à obtenir de la jeune fille des images et des vidéos mettant en évidence ses parties intimes, son sexe et ses seins. Prévenu de tentative d’acte d’ordre sexuel avec un enfant, de tentative de pornographie, d’actes d’ordre sexuel avec un enfant et de pornographie, l’homme a donc été condamné hier à 360 jours-amendes avec sursis (à 30 francs par jour) – avec un délai d’épreuve de cinq ans et une obligation de traitement médico-thérapeutique ambulatoire. Les frais de procédure – environ 4000 francs – sont aussi à sa charge.

Grosse prise de conscience

L’avocat de l’accusé, Me Bernard Nuzzo, a relevé que son client a eu «une grosse prise de conscience après les faits.» «Il n’a jamais eu contact avec des jeunes filles, il n’a jamais proposé de rendez-vous: tout était virtuel chez lui», poursuit l’avocat. Une expertise psychiatrique a relevé des tendances pédophiles chez l’accusé. Le Ministère public du canton de Genève n‘a pas requis l’expulsion du pays de l’accusé, considérant que ce dernier était né en Suisse, avait effectué ses études à Genève où est domiciliée sa famille et ne présentait aucuns antécédents pénaux.

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