10.04.2013 à 07:06

RadicalisationUn «Printemps français» contre le mariage gay

Des débats perturbés, des élus harcelés, les associations de défense des homosexuels prises pour cible: les ultras anti-mariage gay passent à des actions radicales.

AFP

A l'origine d'actions coup de poing se trouve un mouvement, le «Printemps français», qui se veut un écho aux révoltes du Printemps arabe et qui a pris de l'ampleur après la manifestation nationale des opposants le dimanche 24 mars.

Sur le site du «Printemps français», les partisans affichaient clairement leur motivation: «Le gouvernement ne veut pas nous entendre, il va nous subir!»

Critiques contre la police

«Pour nous, il y a un avant et un après 24 mars: les forces de l'ordre se sont retournées contre les familles, nous avons donc décidé d'entrer en résistance», explique la porte-parole du mouvement, Béatrice Bourges, présidente d'un collectif pour l'enfance.

Lors de la manifestation des opposants le 24 mars à Paris, la police a lancé à plusieurs reprises du gaz lacrymogène, ce qui lui a valu les critiques de l'opposition de droite. «Nos militants sont ceux de 'la manif pour tous'», ajoute Béatrice Bourges, en référence aux trois grandes manifestations de novembre, janvier et du 24 mars.

Actions contestées

Le «Printemps français» ne fait toutefois pas l'unanimité. «Nous n'avons rien à voir avec eux. Le 'Printemps français' et ses actions pourrissent notre action et lui portent un préjudice moral», dénonce Frigide Barjot, égérie des Manifestations pour tous.

«Le climat actuel et l'exaspération montante sont de la responsabilité du président (François Hollande) et du gouvernement qui refusent d'entendre le peuple», selon Frigide Barjot.

Violences homophobles

Dans ce contexte, le «ras-le-bol est général et l'exaspération des homosexuels atteint des sommets», estime Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT (Lesbien, gay, bi, transexuel), qui déplore «la recrudescence d'actions de plus en plus radicales».

«Même s'ils cherchent à se dédouaner, les organisateurs de la Manif pour tous ainsi que certains dirigeants de l'UMP sont responsables de la libération de l'homophobie», dénonce-t-il.

Pour SOS Homophobie, «après la semaine Sainte, c'est la semaine des violences homophobes». L'association s'alarme de «l'augmentation sans précédent du nombre de témoignages faisant état de propos ou d'agressions homophobes en 2012 et début 2013».

L'association évoque l'agression de deux homosexuels dans la nuit de samedi à dimanche à Paris. Le visage tuméfié de l'un des deux a fait le tour des réseaux sociaux.

Montée de l'extrême-droite

Les associations dénoncent également la montée en puissance de l'extrême-droite dans ces mouvements. Ainsi, vendredi ce sont notamment des partisans des jeunesses nationalistes, qui ont empêché le rapporteur socialiste du projet de loi à l'Assemblée, Erwann Binet de tenir une conférence. Ce dernier a d'ailleurs décidé d'annuler toutes ses interventions.

Condamnant «des dégradations scandaleuses» ce week-end sur un local accueillant une manifestation de l'Inter-LGBT, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ont rappelé que «la haine et les propos homophobes n'ont pas droit de cité dans notre pays et sont punis par la loi».

Le Parti socialiste déplore «ces nouvelles dégradations inacceptables» qui «ne sont pas qu'un débordement isolé». «Faute d'arguments valables, les opposants au mariage pour tous sont prêts aux pires outrances», estime le conseiller communiste de Paris Ian Brossat.

(ats)

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