France: Un professeur anti-vaccin interné en psychiatrie
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FranceUn professeur anti-vaccin interné en psychiatrie

Aperçu dans «Hold-Up», le professeur Jean-Bernard Fourtillan a été arrêté puis interné.

par
R.M.
Jean-Bernard Fourtillan prétend que c’est l’Institut Pasteur qui a créé le coronavirus.

Jean-Bernard Fourtillan prétend que c’est l’Institut Pasteur qui a créé le coronavirus.

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Le professeur Jean-Bernard Fourtillan a été arrêté le 7 décembre puis admis jeudi dernier dans un hôpital psychiatrique dUzès, dans le Gard. Ses défenseurs s’activent et exigent la libération de ce militant anti-vaccin. Certains affirment qu’il a été interné de force. Il n’en est rien, répliquent les autorités, explique France 3.

Jean-Bernard Fourtillan a fait récemment parler de lui en faisant partie du documentaire «complotiste» «Hold-Up - Retour sur un chaos», écrit «Le Parisien». Il y apparaît quelques minutes pour exposer sa thèse: le coronavirus a été fabriqué de toutes pièces dans les laboratoires de l’Institut Pasteur. Institut qui a dailleurs annoncé sa volonté de porter plainte contre le réalisateur de ce film qui prétend dénoncer les mensonges des autorités dans la gestion de la pandémie.

Tests cliniques illégaux

L’interpellation de Jean-Bernard Fourtillan n’a cependant rien à voir avec ses avis sur le coronavirus. Elle est liée à une affaire dite des «essais cliniques de lAbbaye Sainte-Croix», près de Poitiers. En septembre 2019, lAgence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé avait révélé que quelque 350 personnes avaient fait lobjet de tests cliniques illégaux au sein dune communauté religieuse. Le professeur Fourtillan et un collègue avaient expérimenté de nouvelles techniques dont des patches contre les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, raconte France 3. Depuis, ils sont poursuivis par lOrdre des médecins pour «charlatanisme». Et pour avoir exercé illégalement la profession de médecin ou de pharmacien, selon «Le Parisien».

C’est dans le cadre de cette affaire qu’un mandat d’amener a été délivré contre le professeur controversé, qui a été interpellé puis incarcéré à la prison de Nîmes. Là, il a été soumis à un examen médical et les médecins ont estimé que son état justifiait une prise en charge dans un hôpital psychiatrique. Une décision approuvée par le préfet du Gard.

Hôpital submergé d’appels

Le procureur de la République de Nîmes Éric Maurel assure que Jean-Bernard Fourtillan «peut exercer un recours contre la décision administrative devant le juge des libertés et de la détention». Il a été informé de ce droit mais n’a pour l’heure pas souhaité en user, selon le «Midi Libre». Il ne serait donc pas interné contre son gré, selon les autorités.

Quoi qu’il en soit, le professeur interné à beaucoup de partisans et des vidéos de soutien publiées sur YouTube ont été vues des dizaines de milliers de fois. Il a d’abord été demandé de faire pression sur l’hôpital psychiatrique accusé de traiter le professeur sans son consentement ou de participer à un «plan diabolique». Résultat: des montagnes d’appels, des lignes complètement saturées et parfois même des insultes et menaces.

Dans une nouvelle vidéo, une nouvelle stratégie a été déployée: des partisans du professeur Fourtillan demandent désormais de relâcher la pression sur l’hôpital, «qui n’a pas de réel pouvoir de décision». Mais de «manifester pacifiquement» en écrivant et en téléphonant à la préfecture du Gard.

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