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Forum social mondialUn programme suisse d'aide au retour pour les Tunisiens

Lors d'une phase-pilote de 18 mois, vingt jeunes hommes en situation irrégulière sont retournés en Tunisie après avoir développé un projet de petite entreprise.

Le conseiller national, Ueli Leuenberger (Verts/GE), est chargé de coordonner le programme entre la Suisse et la Tunisie.

Le conseiller national, Ueli Leuenberger (Verts/GE), est chargé de coordonner le programme entre la Suisse et la Tunisie.

Archives, Keystone

Depuis un an et demi, Mohamed Ali Sassi a quitté la Suisse pour retourner en Tunisie. Il a pu construire un centre de nettoyage écologique de voitures grâce au projet pilote d'aide Eco-Mentoring.

Mohamed Ali Sassi compte parmi ses clients des particuliers, mais aussi des concessionnaires d'automobiles et des loueurs de voitures. Son entreprise dégage suffisamment de revenus pour lui permettre de vivre, tout en payant un employé. «Je commence à être connu», déclare-t-il dans un entretien accordé à l'agence de presse ats le mercredi 25 mars.

Le jeune entrepreneur a entendu parler d'Eco-Mentoring à Lausanne, où il s'est entretenu avec un responsable du projet. Eco-Mentoring permet aux migrants tunisiens en situation irrégulière de rentrer en Tunisie dans la dignité, explique le conseiller national (Verts/GE) Ueli Leuenberger, qui est chargé de coordonner le programme entre la Suisse et la Tunisie.

Pendant une phase-pilote de 18 mois, vingt jeunes hommes, qui vivaient en Suisse depuis deux à dix ans, ont participé au projet. Certains d'entre eux ont eu maille à partir avec la justice pour des faits de petite criminalité, d'autres ont passé plusieurs mois en prison, pour avoir souvent utilisé les transports publics sans billet valable.

Développer un projet de petite entreprise

«La prison coûte 400 francs par mois», affirme Ueli Leuenberger, qui participe actuellement à Tunis au Forum social mondial. «Cet argent est mieux utilisé avec le projet de retour», note-t-il.

Les participants à l'Eco-Mentoring ont élaboré durant trois mois, dans un foyer à Genève, leur projet de petite entreprise en Tunisie. Parmi ceux-ci figuraient, outre le centre de lavage pour voitures, une entreprise d'installation de panneaux solaires, une épicerie ou un élevage de moutons.

«Il est important que les participants ressentent une amélioration immédiate de leurs conditions de vie», souligne Ueli Leuenberger. Cela s'est traduit par un endroit pour dormir, des repas quotidiens et de l'argent de poche. En contrepartie, les jeunes ont dû assumer des tâches au sein de la structure.

Un premier groupe de neuf participants est retourné en Tunisie en juillet 2013, suivi d'un deuxième de onze membres six mois plus tard. Tous ont participé financièrement à leur projet.

Avenir pas assuré

La Banque tunisienne de solidarité (BTS) soutient ces initiatives avec des microcrédits allant de 8000 à 25'000 francs. Sur place, les projets sont supervisés par un coordinateur.

Le pilote, qui a duré de juillet 2013 à la fin 2014, a été mis sur pied par la fondation suisse du service social international (SSI). Le budget pour cette phase est de 486'000 francs. La Confédération y participe à hauteur de 370'000 francs, le reste provenant d'organismes privés, ainsi que de la ville et du canton de Genève.

L'avenir du programme n'est pas encore assuré. «Nous essayons maintenant de convaincre les autorités que sa poursuite est nécessaire et utile», poursuit Ueli Leuenberger.

(ats)

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