30.05.2012 à 16:55

ThailandeUn projet d’amnistie suscite la grogne à Bangkok

Des milliers de manifestants ultra-royalistes ont manifesté à Bangkok contre un projet d’amnistie présenté par le gouvernement comme servant la «réconciliation nationale».

Des milliers de manifestants devant le Parlement à Bangkok.

Des milliers de manifestants devant le Parlement à Bangkok.

Keystone

Les manifestants estiment que le projet du gouvernement visait d’abord à favoriser le retour de l’ex-Premier ministre en exil, Thaksin Shinawatra.

Près de 5000 "chemises jaunes", selon la police, ont manifesté devant le parlement, pendant que des députés en sont quasiment venus aux mains sur le même texte.

C’est la plus importante démonstration de force des "jaunes" depuis 2008, lorsqu’ils avaient fait chuter un gouvernement pro-Thaksin en bloquant les aéroports de la capitale. L’actuel cabinet, dirigé par la soeur de l’ex-magnat des télécommunications, est désormais leur nouvelle cible.

"Nos (objectifs) sont de bloquer les textes sur la réconciliation, démettre la Première ministre et réformer la démocratie", a déclaré Somkiart Pongpaiboon, patron de l’Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), le nom officiel des "chemises jaunes".

Querelle

Simultanément, la confusion s’emparait de l’hémicycle lorsque des députés du Parti démocrate (opposition) se sont rués sur le président, dans une querelle portant sur la délibération du projet d’amnistie.

"Cela n’aurait pas dû arriver", a regretté Jirayu Huangsap, porte-parole du parti au pouvoir Peua Thai. Les députés "ont le droit de faire des propositions et des objections, ils devraient discuter".

Thaksin est détesté par les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal, mais il est adoré par une partie des masses rurales et populaires du nord et du nord-ouest du pays. Il a été renversé par un coup d’Etat militaire en 2006 et demeure depuis le point de crispation de la politique du royaume.

Ennemis intimes des «jaunes»

Jusqu’à 100'000 "chemises rouges", pro-Thaksin et ennemis intimes des "jaunes", avaient ainsi occupé le centre de la capitale pendant deux mois au printemps 2010 pour réclamer la démission du Premier ministre de l’époque, avant d’être délogés par un assaut de l’armée.

La crise, la plus grave qu’ait connue la Thaïlande moderne, avait fait plus de 90 morts et 1900 blessés.

(AFP)

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