Jura - Un projet de loi «à côté de la plaque»
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JuraUn projet de loi «à côté de la plaque»

Un comité d’initiative qui réclame des immatriculations moins chères depuis trois ans s’oppose aux calculs du gouvernement jurassien.

par
Vincent Donzé
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Le député vert’libéral Raoul Jaeggi est le fer de lance des initiateurs.

Le député vert’libéral Raoul Jaeggi est le fer de lance des initiateurs.

Lematin.ch/Vincent Donzé
Exempté de masque, il s’est rendu vendredi matin à St-Ursanne…

Exempté de masque, il s’est rendu vendredi matin à St-Ursanne…

Lematin.ch/Vincent Donzé
…en emportant de la documentation pour une conférence de presse.

…en emportant de la documentation pour une conférence de presse.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Le député jurassien Raoul Jaeggi a lancé une initiative pour des plaques d’immatriculation moins chères: «Comment expliquer à ma maman que par ma faute, elle paiera plus cher pour sa voiture hybride?» s’étrangle le président du comité d’initiative face au projet de loi du gouvernement jurassien, deux ans après le dépôt d’un texte muni de 8000 signatures, soit 15% de la population.

Le gouvernement a élaboré son projet de loi sans consulter les initiants. Il veut introduire une taxe de base et remplacer le poids du véhicule par la production de CO₂ au km. Mais le président du TCS Pierre-Arnauld Fueg a fait ses calculs avec une Suzuki Swift 1.0 Hybrid, devenue le symbole de sa lutte: +62% avec une taxe de base à 225 francs, +94% avec une taxe à 300 francs. Pour une Ford Fiesta, il affiche +71% ou +98%.

Hybrides surtaxées

«Toutes les hybrides seront surtaxées», fulmine le député Yves Gigon, pour qui le gouvernement jurassien est «à côté de la plaque» avec son projet de loi. De leurs tabelles, les initiants tirent une conclusion: ceux qui font un geste pour l’environnement seront pénalisés, de même que ceux qui optent pour de petites cylindrées.

Le comité d’initiative ne se fait pas d’illusions: les députés accepteront le projet de loi, à moins d’un «éclair de bon sens», selon Raoul Jaeggi. Il en est tellement convaincu que la réponse est déjà prête, sous la forme d’un recours à la Cour constitutionnel et d’un référendum nécessitant 2000 signatures. Un retour à la case départ lui apparaît incontournable, en regardant vers 2015: «Nous voulons un projet de loi conforme au texte de l’initiative», dit-il.

Payer moins mais en finançant le réseau routier, délaissé selon les initiants depuis l’achèvement il y a dix ans de l’autoroute A16, disent Raoul Jaeggi et ses soutiens. «Notre canton est celui qui a la taxe la plus élevée et qui investit le moins au kilomètre», ajoutent-ils. Leur combat a démarré avec l’exemple d’une Fiat: 465.-/an dans le Jura, 160.-/an en moyenne suisse, 0.-/an dans certains cantons…

Plaques vaudoises

Dans le Jura plus qu’ailleurs, les automobilistes font de leurs plaques un symbole d’appartenance: «Le Jurassien est lié à sa voiture», constate Pierre-Arnauld Fueg. «J’y suis attachée. Il ne me viendrait pas à l’idée de rouler avec des plaques vaudoises, même à moitié prix», confie la députée Pauline Queloz, laquelle partage son temps entre ces deux cantons

«Je n’aimerais pas être celle ou celui qui dira aux gens de Moutier «Bienvenue dans le Jura, vous paierez plus cher»!» reprend Pauline Queloz. Parmi les failles du projet de loi qui sera soumis aux députés, Pierre-Arnauld Fueg déniche des anomalies: «Les calculs sont faits pour les voitures de tourisme, mais on ne sait pas à quelle sauce seront mangées les motos et les flottes d’entreprise».

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