Actualisé 12.01.2013 à 15:37

SomalieUn raid français pour libérer un otage tourne au fiasco

Une opération militaire aérienne menée par des commandos français afin de libérer un otage a échoué en Somalie. L'otage aurait été abattu par ses ravisseurs islamistes. Un soldat français aurait aussi perdu la vie.

L'agent des services secrets français, présenté comme Denis Allex - probablement un pseudonyme - était otage en Somalie depuis le 14 juillet 2009. (Capture d'écran fournie par un site de surveillance des sites islamistes).

L'agent des services secrets français, présenté comme Denis Allex - probablement un pseudonyme - était otage en Somalie depuis le 14 juillet 2009. (Capture d'écran fournie par un site de surveillance des sites islamistes).

AFP

Un commando français a échoué samedi à libérer un otage français détenu en Somalie depuis juillet 2009 par des islamistes. L'opération s'est soldée par la mort d'au moins un soldat français. A priori, l'otage aurait été tué par les shebab, selon Paris.

«Tout donne à penser que (l'otage) Denis Allex a été abattu par ses geôliers», lors du raid, a déclaré le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Les islamistes somaliens shebab ont au contraire assuré que l'agent des services spéciaux français était «toujours en sécurité, loin du lieu de bataille», et qu'il serait jugé «dans les deux jours».

Il apparaît en tout cas que l'opération menée par les équipes de la DGSE (direction générale de la sécurité extérieure) dans la localité de Bulomarer, dans le sud de la Somalie, pour libérer leur camarade a été un échec.

Un soldat français a perdu la vie à la suite de blessures dans les combats et un autre est «porté disparu», a précisé le ministre français de la Défense, revenant sur un précédent bilan de ses services faisant état de deux soldats tués. Dix-sept «terroristes» ont été abattus dans les combats, a-t-il ajouté.

Soldat porté disparu

Les shebab ont pour leur part affirmé détenir un membre du commando français, blessé, que ses camarades n'ont pu ramener avec eux. «Le soldat français blessé est maintenant sous la garde des moudjahidines», affirme le mouvement islamiste, rallié à Al-Qaïda, dans un communiqué parvenu à l'AFP.

L'attaque a été menée à partir de cinq hélicoptères de combat à 02h00 locales samedi (minuit en Suisse), selon les shebab. Mais «le commando de la DGSE a fait face d'emblée à une forte résistance», a souligné le ministère français de la Défense.

Un représentant de la milice islamiste ayant requis l'anonymat a affirmé que les soldats français avaient «attaqué dans une maison où ils pensaient que le Français se trouvait. Nous les avons repoussés».

«Ils ont perdu un membre du commando et les hélicoptères sont revenus à l'attaque, mais nous les avons repoussés à l'aide de canons anti-aériens», a-t-il ajouté. Les affrontements ont duré 45 minutes, ont précisé les islamistes.

Dans leur communiqué, les islamistes mettent en garde les «citoyens français», qui «vont inévitablement subir les conséquences amères de l'attitude irresponsable de leur gouvernement envers les otages».

Neuf otages français

L'opération visait à libérer un agent de la DGSE détenu en Somalie depuis le 14 juillet 2009 par les shebab. Cet agent avait été enlevé à Mogadiscio avec un autre agent qui a, lui, recouvré la liberté en août 2009. Paris avait fait savoir qu'il se trouvait en Somalie pour former l'armée locale.

Le 4 octobre dernier, Denis Allex était apparu, pâle et les yeux cernés, dans une vidéo où il avait lancé un «message de secours» au président français François Hollande, qu'il pressait d'oeuvrer à sa libération.

Les shebab ont perdu tous leurs principaux bastions dans le sud et le centre de la Somalie, à la suite d'une offensive menée depuis un an et demi par une force de l'Union africaine (AMISOM) renforcée par un contingent kényan ainsi que par un corps expéditionnaire éthiopien et par l'embryon d'armée nationale somalienne. Les islamistes shebab contrôlent cependant encore certaines parties rurales du sud et du centre du pays.

Neuf Français, au total, sont retenus en otage à l'étranger, tous sur le sol africain, dont au moins six sont détenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Sahel.

Le message de l'otage adressé à François Hollande

(ats)

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