03.03.2016 à 11:39

UkraineUn rapport dénonce le calvaire de 3 millions de civils

Malgré la diminution des violences dans l'est du pays, les Ukrainiens sont confrontés quotidiennement à des détentions arbitraires ou des tortures.

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Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Kiev doit chercher à convaincre la Cour internationale de Justice lundi que Moscou soutient le «terrorisme». (Lundi 5 mars 2017)

Keystone
Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Le FMI et l'Ukraine sont parvenus à un accord préliminaire pour verser une nouvelle aide à ce pays en proie à la crise et à la violence. (Samedi 4 mars 2017)

Keystone
Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

Un pompier dégage des débris à la suite des bombardements des forces pro-russes. (Image du 25 février 2017)

AFP

Les civils vivant dans les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk évoquent un «isolement physique, politique, social et économique», relève le Haut Commissaire aux droits de l'homme Zeid Raad Al Hussein dans son rapport publié ce jeudi à Genève.

De nombreuses maisons ont été détruites, les administrations locales ne fonctionnent pas. Parfois, des centaines de voitures attendent de chaque côté de la ligne de contact. Au total, 8000 à 15'000 personnes la franchissent chaque jour, selon les autorités ukrainiennes.

Disparitions forcées des deux côtés

Dans les régions contrôlées par les séparatistes, M. Zeid est particulièrement préoccupé par l'absence d'Etat de droit. Une vague d'arrestations a eu lieu récemment, souligne ce 13e rapport, qui couvre une période de trois mois. Mais les forces gouvernementales sont aussi accusées de disparitions forcées, de détentions arbitraires ou de torture.

Autre problème, contrairement aux sites du gouvernement, le Haut Commissariat n'a toujours pas accès aux centres de détention préventive gérés par les séparatistes, dont le nombre de prisonniers n'est pas connu. «Nous pouvons nous attendre au pire», a affirmé devant la presse son chef pour l'Europe, Gianni Magazzeni.

Le Haut Commissaire appelle lui les autorités à garantir des investigations rapides sur chaque violation. La question des personnes disparues doit être clarifiée et d'autres actes de ce type doivent être empêchés. En Crimée aussi, la situation est préoccupante pour les minorités.

Plusieurs dizaines de victimes civiles récentes

Dans l'Est, quelques-uns des 1,6 million de déplacés commencent à rentrer chez eux. Au total, près de 80 civils ont été tués ou blessés en trois mois, essentiellement en raison de munitions qui n'ont pas explosé immédiatement. De l'armement lourd continue d'être utilisé par les deux parties, même si ce type de munitions n'est pas majoritaire.

Près de 10'000 personnes franchissent chaque jour la frontière depuis la Russie, pas contrôlée par les autorités ukrainiennes. Certaines d'entre elles, en augmentation récemment, en uniformes militaires. Des milliers de tonnes de marchandises arrivent sans autorisation, ni contrôles.

Et le Haut Commissaire d'appeler à la mise en oeuvre des accords de Minsk. Au total, selon les estimations minimales, le bilan des victimes atteint plus de 30'000 combattants ou civils, dont plus de 9000 tués et plus de 21'000 blessés.

(ats)

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