21.01.2017 à 00:04

TerrorismeUn recruteur de l'EI extradé vers la France

Incarcéré en Turquie, le djihadiste français, qui dit être «un repenti», a été transféré vendredi soir.

Kevin Guiavarch, figure du djihadisme français, était visé par un mandat international et devrait être présenté au juge samedi en vue de sa mise en examen. (Vendredi 20 janvier 2017)

Kevin Guiavarch, figure du djihadisme français, était visé par un mandat international et devrait être présenté au juge samedi en vue de sa mise en examen. (Vendredi 20 janvier 2017)

AFP

Un djihadiste français qui se dit «un repenti» du groupe Etat islamique (EI) a été transféré vendredi soir en France depuis la Turquie où il avait été incarcéré à son retour de Syrie, a-t-on appris de source proche du dossier.

Kevin Guiavarch, 24 ans, avait rejoint la Syrie en 2012 où il est soupçonné d'avoir été un recruteur de l'EI, avant de quitter les rangs du groupe djihadiste , adressant une lettre aux autorités françaises dans laquelle il s'est dit «repenti».

Cette figure du djihadisme français, visée par un mandat international, devrait être présentée au juge samedi en vue de sa mise en examen.

En Syrie, il avait d'abord rejoint les rangs du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, avant d'intégrer l'organisation État Islamique (EI).

Également soupçonné d'avoir joué un rôle dans le financement de l'organisation djihadiste , l'ONU l'avait placé le 23 septembre 2014 sur sa liste noire des combattants les plus dangereux, faisant ainsi l'objet de sanctions internationales et d'interdictions de voyager.

Avec ses quatre femmes et six enfants

En juin 2016, il avait quitté la Syrie avec ses quatre femmes et leurs six enfants, adressant une lettre aux autorités françaises dans laquelle il s'est dit être «un repenti» de l'EI. Il avait été interpellé en Turquie et incarcéré dans l'attente d'un procès.

Quelques semaines après avoir expulsé ses quatre femmes vers la France, où elles ont été mises en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» et placées en détention entre octobre et novembre 2016, les autorités turques ont finalement décidé de remettre le djihadiste aux autorités françaises.

Selon une source proche du dossier, «les retours de djihadistes sont rares, beaucoup sont morts au combat et les retours sont empêchés par l'EI».

Converti à l'âge de 14 ans

Le jeune homme, d'origine bretonne, se serait converti à l'âge de 14 ans. La justice française s'est intéressée à lui en 2014, après le départ d'une mineure, originaire de Troyes (Aube) pour la Syrie. L'adolescente avait finalement été récupérée par sa famille en Allemagne, mais l'enquête avait établi qu'elle avait été recrutée, via les réseaux sociaux, par le djihadiste.

Désormais sur le sol français, les autorités espèrent qu'il pourra livrer des informations précieuses sur l'organigramme et le financement de l'EI.

Environ 700 Français se trouvent actuellement en Irak et en Syrie aux côtés du groupe État islamique, selon les autorités françaises, et plus 200 djihadistes français sont morts en Syrie.

Au 31 décembre 2016, 348 personnes étaient mises en examen en France pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

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