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MédiasUn rédacteur peut tendre l'oreille et révéler une indiscrétion

Le conseil de la presse a rejeté une plainte au sujet de propos de personnages publics évoqués dans des rubriques de potins de journaux alémaniques. L'une des conversations avait été tenue dans un train par les parlementaires Blocher et Leutenegger.

L’hebdomadaire Sonntag avait publié des propos tenus dans un train par les conseillers nationaux Filippo Leutenegger (à gauche) et Christoph Blocher. Les deux hommes politiques zurichois évoquaient la Basler Zeitung dans un intercity reliant Zurich à Berne.

L’hebdomadaire Sonntag avait publié des propos tenus dans un train par les conseillers nationaux Filippo Leutenegger (à gauche) et Christoph Blocher. Les deux hommes politiques zurichois évoquaient la Basler Zeitung dans un intercity reliant Zurich à Berne.

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Un média peut publier une conversation privée qu’un de ses journalistes a entendue par hasard dans un train, à condition que les propos révélés émanent de personnages publics et relèvent de la sphère publique. Le Conseil de la presse a ainsi rejeté une plainte d’un tiers.

Cette plainte concernait deux conversations évoquées dans des rubriques de potins fédéraux des journaux alémaniques Sonntag et Solothurner Zeitung, celle de l’hebdomadaire dominical mettant en cause les conseillers nationaux Christoph Blocher (UDC) et Filippo Leutenegger (PLR). Les deux hommes politiques zurichois évoquaient la Basler Zeitung dans un intercity reliant Zurich à Berne en mai dernier.

L’ensemble du compartiment, rempli, pouvait entendre la discussion entre l’homme de médias du PLR et le tribun considéré comme la personne qui tire les ficelles du quotidien bâlois depuis près de trois ans. Assis non loin des deux hommes, un journaliste thurgovien de «Sonntag» n’a pu lui non plus faire autrement que d’entendre ce dialogue qu’il a ensuite utilisé dans une rubrique de potins de son journal une quinzaine de jours plus tard.

Dans un avis publié mardi, le Conseil suisse de la presse estime qu’aucun des deux médias n’a usé de méthodes déloyales. «Quiconque entend par hasard avec d’autres passagers des propos échangés dans un train ne mène pas une enquête masquée ni ne doit se présenter en tant que journaliste. De plus, les conversations ne portaient pas sur des sujets privés mais sur des thèmes d’intérêt public», précise le Conseil de la presse.

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