Certificat Covid-19 – Un restaurant récalcitrant enflamme Zermatt
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Certificat Covid-19Un restaurant récalcitrant enflamme Zermatt

Refusant d’observer les règles du certificat Covid, un établissement tente le bras de fer avec les autorités et la police, qui a bloqué l’entrée avec des blocs de béton. Ses exploitants ont été arrêtés dimanche matin.

par
Eric Felley
«Pas digne d’un État de droit» est-il écrit sur les blocs de béton disposés par la police samedi devant le restaurant Walliserkanne.

«Pas digne d’un État de droit» est-il écrit sur les blocs de béton disposés par la police samedi devant le restaurant Walliserkanne.

DR/20 minutes

Aux grands maux, les grands remèdes. Samedi, la police de Zermatt a placé des gros blocs de béton devant le restaurant Walliserkanne en plein cœur de la station valaisanne. Le patron de ce restaurant refuse depuis plusieurs semaines de contrôler les certificats Covid-19 de la clientèle. Selon le porte-parole de la police valaisanne, cité par «Le Nouvelliste»: «Les agissements de ce restaurateur sont connus des autorités depuis quelques semaines. Vendredi matin, Mathias Reynard, chef du Département de la santé, et Frédéric Favre, chef du Département de la sécurité, ont pris la décision de fermer cet établissement pour des raisons évidentes de sécurité sanitaire. En collaboration avec la police de Zermatt, nous avons notifié cette décision au restaurateur».

Clairement fermé

Mais celui-ci n’en a pas tenu compte et il a maintenu son établissement ouvert vendredi, malgré les scellés qui avaient été apposés par les autorités. Samedi matin, la police a amené les blocs de béton. «Ils ne ferment pas physiquement l’accès au restaurant, précise le porte-parole de la police. Par contre, nous y avons posé des affiches qui stipulent clairement que cet établissement est fermé. C’est un moyen de rendre plus visible cette décision aux éventuels clients qui souhaiteraient s’y attabler».

«Ne vous laissez pas décourager…»

Mais la provocation ne s’est pas arrêtée là pour le restaurateur. Selon «Blick», il s’est exprimé depuis le balcon du restaurant, où il haranguait les passants en disant: «Entrez. Le Walliserkanne est ouvert. Ne vous laissez pas décourager par quelques cailloux.» Il a donc laissé son restaurant ouvert et les blocs ont été utilisés comme bar par des sympathisants, qui ont écrit dessus: «Pas digne d’un État de droit».

Lieu symbolique

Une manifestation de soutien de quelques dizaines de personnes a eu lieu samedi après-midi. Samedi soir des renforts sont venus de Suisse alémanique avec des membres des «sonneurs de cloches» (Freiheitstrychler) de Suisse centrale et du mouvement alémanique «Mass-Voll» (la coupe est pleine). Pour ces mouvements, ce restaurant est devenu rapidement le symbole de leur cause. Selon «20 minutes», le rassemblement a été autorisé «dans un esprit de désescalade», comme l’a expliqué aux médias Romy Biner-Hauser, la présidente de la Municipalité.

Un sympathisant du mouvement alémanique Mass-Voll avait pris position sur les blocs de béton, devenus ce week-end le symbole de la résistance au certificat Covid-19

Un sympathisant du mouvement alémanique Mass-Voll avait pris position sur les blocs de béton, devenus ce week-end le symbole de la résistance au certificat Covid-19

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Trois exploitants arrêtés

L’affaire a connu un nouveau développement dimanche matin: les trois exploitants de l’établissement ont été arrêtés par la police cantonale valaisanne sur ordre du Ministère public, rapporte 20minutes.ch. Ce dimanche, une clientèle encore nombreuse attendait la réouverture du Walliserkanne. La police a tenté de faire revenir à la raison les deux frères tenanciers. Sans succès et vers 10 heures, des dizaines de policiers sont arrivés pour évacuer la terrasse et le restaurant. Ils ont arrêté les deux frères et un troisième exploitant. Dans un communiqué, la police valaisanne regrette la tournure prise par les événements: «Malgré la prévention, le dialogue instauré ainsi que les nombreux rappels à l’ordre, ils poursuivaient leurs activités en faisant fi de la décision de fermeture notifiée ainsi que des mesures de protection sanitaire contre la pandémie en cours».

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