Chine: Un second avocat de militants de Hong Kong privé de licence
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ChineUn second avocat de militants de Hong Kong privé de licence

Un second avocat spécialiste des droits de l’homme et qui défendait l’un des 12 militants pro-démocratie de Hong Kong accusés d’avoir quitté illégalement le territoire a annoncé mardi qu’il avait été privé de sa licence.

Ren Quanniu le 27 décembre 2020.

Ren Quanniu le 27 décembre 2020.

AFP

Ren Quanniu a montré à l’AFP un document du département de la Justice du Henan, une province du centre de la Chine, révoquant son droit d’exercer l’activité d’avocat. Un autre avocat, Lu Siwei, qui travaillait lui aussi sur l’affaire des «douze de Hong Kong», avait déjà été privé de sa licence en janvier.

À Washington, le département d’État a déclaré que les États-Unis étaient «profondément préoccupés» par la radiation des deux avocats. «Nous appelons Pékin à respecter les droits de l’homme et l’État de droit et à rétablir immédiatement leurs licences», a écrit sur Twitter Ned Price, porte-parole du département d’État.

Les douze militants pro-démocratie avaient été capturés en mer par des garde-côtes chinois le 23 août dernier alors qu’ils tentaient de fuir le territoire en direction de Taïwan. La Chine a imposé en juin une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong lui donnant compétence dans la ville pour certains crimes, avec le droit pour ses forces de sécurité d’y agir ouvertement. Certains des passagers du bateau étaient menacés de poursuites à Hong Kong pour leur implication dans les immenses manifestations pro-démocratie qui avaient eu lieu dans la ville en 2019.

En septembre, les deux avocats se sont vus refuser l’accès aux accusés en Chine continentale. Fin décembre, dix des 12 militants ont été condamnés par un tribunal chinois à des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour avoir franchi illégalement la frontière. Quelques jours après, les deux avocats ont reçu des avertissements des autorités les prévenant que leurs licences professionnelles seraient révoquées.

«Sans fondement»

Ren Quanniu a reçu la notice l’informant de cette mesure après une audition qui a eu lieu vendredi dernier dans le Henan, liée à une affaire datant de 2018 dans laquelle il avait représenté un membre du Falun Gong, un groupe religieux interdit en Chine continentale.

Les autorités ont estimé que l’avocat avait alors «perturbé l’ordre normal des procédures judiciaires», «gravement détérioré l’image de l’activité d’avocat» et «causé un impact négatif à la société». Ren Quanniu a déclaré à l’AFP que ces accusations étaient «sans fondement». «Si ma licence a pu être révoquée dans de telles circonstances, je crois que le système juridique chinois est mort», a-t-il dit. «Les avocats doivent être bien conscients que se référer aux lois et aux faits devant un tribunal peut être dangereux pour leur avenir».

Les deux avocats considèrent que c’est en réalité leur défense de membres des «douze de Hong Kong» qui a déclenché la décision des autorités de les priver de leur licence.

«Les activistes persécutés et ceux qui critiquent le gouvernement ont ces jours-ci peu de chances de trouver des avocats pour défendre leurs droits», a estimé l’organisation non gouvernementale Chinese Human Rights Defenders. «Les avocats des droits de l’homme subissent un zèle renouvelé des autorités pour les radier», a-t-elle relevé.

(AFP)

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