23.06.2016 à 15:24

SuisseUn soutien rapide pour les victimes de l'amiante

Un fonds, qui doit encore être créé, permettra de verser une aide financière aux personnes touchées.

Des rémunérations sont également prévues pour les proches d'un patient décédé.

Des rémunérations sont également prévues pour les proches d'un patient décédé.

Archives, AFP

Les victimes de l'amiante devraient recevoir rapidement un soutien financier et psychologique, selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Alain Berset a mis en place une table ronde pour déterminer les ayants droit et la nature de ces aides.

Chaque année en Suisse, près de 120 personnes contractent une tumeur maligne de la plèvre ou du péritoine (mésothéliome). Elles ont inhalé bien des années auparavant une quantité cancérogène de fibres d'amiante, rappelle jeudi l'OFSP dans un communiqué.

Parmi les personnes touchées, une trentaine ne reçoit aucune prestation de l'assurance accidents obligatoire (LAA), car leur maladie n'est pas reconnue comme liée à une activité professionnelle. Les prestations seront financées grâce à un fonds qu'il s'agit encore de créer.

Sur un pied d'égalité

Tous les patients ayant contracté un mésothéliome après 2006 ont droit à une indemnisation et recevront tous le même soutien, qu'ils soient assurés selon la LAA ou non, annonce l'OFSP. La somme concrète que le fonds versera dépendra de plusieurs facteurs: prestations déjà reçues, année où la maladie s'est déclarée et revenu lors de son apparition.

Des rémunérations forfaitaires et uniques sont également prévues pour les proches d'un patient décédé. L'OFSP précise que quiconque perçoit une indemnisation devra renoncer à des actions de droit civil. La table ronde souhaite aussi que les plaintes en suspens soient réglées par voie extrajudiciaire, en recourant notamment au fonds.

Suivi psychologique gratuit

Les autorités estiment également que le suivi psychologique des personnes touchées et de leurs proches est insuffisant. En collaboration avec les institutions existantes, un tel service d'assistance doit être mis en place pour proposer des offres gratuites et accessibles.

Selon la table ronde, composée de représentants des personnes affectées par l'amiante, d'entreprises ayant travaillé avec ce matériau, de syndicats, de l'économie, de la Suva et de la Confédération, les coûts à venir devraient s'élever à 100 millions de francs jusqu'en 2025. Utilisé dans les années 1960 et 1970 dans la construction, l'amiante a été interdit en 1989.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!