Français - Un Suisse entre dans le Larousse, sans le savoir
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FrançaisUn Suisse entre dans le Larousse, sans le savoir

La nouvelle édition du dictionnaire n’ajoute dans ses pages qu’un mot et une seule personnalité issus de notre pays. Et ce Genevois n’était pas au courant de cet honneur.

par
Michel Pralong
Une quarantaine de personnalités font leur entrée dans le Larousse Illustré 2022, mais une seule est suisse.

Une quarantaine de personnalités font leur entrée dans le Larousse Illustré 2022, mais une seule est suisse.

Larousse

«Je suis dans le Larousse? J’ignorais totalement. Vous êtes sûr qu’il ne s’agit pas de skieurs?». Non, le Gisin qui fait son apparition dans cette édition 2022 du dictionnaire, c’est bel et bien lui, Nicolas Gisin.

Ce physicien genevois de 68 ans s’est fait mondialement connaître (mais surtout par les spécialistes, peut-être) par ses expériences de téléportation et de cryptographie quantique. «La téléportation, c’est l’art d’envoyer la structure d’un objet d’un endroit à un autre sans qu’il passe par aucun endroit intermédiaire, nous explique-t-il. La cryptographie quantique, c’est utiliser les lois de la nature pour établir une communication, en envoyant le message photon par photon. Cela garantit la confidentialité totale, c’est impossible à pirater». Des travaux cités en 2003 comme faisant partie des 10 technologies du futur par le prestigieux MIT. «Ils ne se sont pas tellement trompés», sourit celui qui préside toujours la compagnie genevoise qu’il a créée, ID Quantique, et qui fournit des solutions de transmissions cryptées à des gouvernements et des industries.

Grâce à la téléportation quantique, Nicolas Gisin arrive dans le Larousse.

Grâce à la téléportation quantique, Nicolas Gisin arrive dans le Larousse.

Carle Parodi

En revanche, le message d’annonce de son entrée dans le Larousse 2022, il ne l’a pas décrypté. «Je ne crois pas l’avoir vu dans mes mails. Mais c’est un honneur! Le Larousse, je l’ai beaucoup utilisé dans mon enfance, c’était la référence». Et pour le comité qui décide chaque année des nouvelles entrées, il devait répondre aux critères, qui sont, on les cite à Nicolas Gisin: «la notoriété de la personne et de son œuvre en France et dans le bassin francophone; la permanence de cette notoriété; sa légitimité et sa reconnaissance auprès du public, de la critique et de ses pairs; l’universalité de l’œuvre; l’accessibilité du contenu de cette œuvre et sa disponibilité; et la cohérence avec les valeurs du Petit Larousse, celles de l’excellence, à la promotion de la culture française». Le physicien genevois émet un petit sifflement, impressionné.

Il y a de quoi être fier, puisqu’ils ne sont qu’une petite quarantaine à faire leur entrée dans cette édition 2021. Et il est le seul Suisse. Il y a bien un skieur, mais il est français, il s’agit d’Alexis Pinturault. On trouve également John Travolta, le couturier Thierry Mugler, le dessinateur de BD Guy Delisle, le comédien Philippe Torreton ou encore le réalisateur sud-coréen Bong Joon-Ho.

Le mobard est dans le dico

Il a y tout de même une autre touche suisse dans cette édition 2021 qui, comme chaque année, rajoute des mots typiques issus des régions de France ou de la francophonie. Et cet unique mot suisse est… mobard. Pour ceux qui ne connaissent pas, il désigne un soldat qui a fait la Mob, soit la mobilisation générale, que ce soit celle de 14-18 ou celle de la Seconde Guerre mondiale. Il vient côtoyer le «bien-cuit» québécois (discours humoristique prononcé à l’intention d’un invité d’honneur) ou le «s’enjailler» de Côte d’Ivoire (faire la fête, s’amuser).

Rappelons que cette édition fait surtout la part belle aux termes issus de la pandémie de coronavirus.

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