Virus: Un Suisse pour évaluer la réponse de l’OMS à la pandémie?
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VirusUn Suisse pour évaluer la réponse de l’OMS à la pandémie?

La coprésidente du comité mondial de surveillance de préparation aux épidémies souhaite voir un ressortissant suisse piloter les investigations.

«Beaucoup de dirigeants comprennent désormais l’implication d’une telle crise sur l’ensemble de la société et de l’économie», a indiqué Gro Harlem Brundtland, coprésidente du GPMB.

«Beaucoup de dirigeants comprennent désormais l’implication d’une telle crise sur l’ensemble de la société et de l’économie», a indiqué Gro Harlem Brundtland, coprésidente du GPMB.

Keystone

Le comité mondial de surveillance de préparation aux épidémies (GPMB) espère que les dirigeants tireront des enseignements de la crise. Sa présidente dit que l’investigation sur la réponse de l’OMS devrait être pilotée par un ressortissant d’un pays comme la Suisse.

«Beaucoup de dirigeants ne pensaient peut-être pas entièrement qu’une vraie pandémie comme celle-ci pourrait avoir lieu pendant leur mandat», a expliqué vendredi aux correspondants accrédités à l’ONU à Genève la coprésidente du GPMB, l’ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. «Je pense que désormais beaucoup réaliseront que cela peut arriver à nouveau» dans les prochaines années et tous les pays «devront être mieux préparés», ajoute-t-elle.

Plans nationaux

En septembre dernier, le GPMB, lancé en 2018 à Genève, avait appelé gouvernements et institutions internationales à investir davantage. Il estimait que la menace d’une pandémie qui tuerait «des dizaines de millions de victimes» était «réelle». Au total, il relevait que seuls 59 pays avaient établi des plans nationaux.

«Beaucoup de dirigeants comprennent désormais l’implication d’une telle crise sur l’ensemble de la société et de l’économie», dit Gro Harlem Brundtland. Interrogée sur l’importance que l’évaluation indépendante de la réponse l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soit pilotée par un ressortissant d’un pays comme la Suisse ou le sien, elle recommande une telle décision. «Ce devrait être quelqu’un qui n’est pas une partie au conflit entre les grandes puissances», dit cette ancienne directrice générale de l’institution.

Seconde vague

Alors que les États-Unis ont ciblé régulièrement la Chine dans cette crise, elle a rappelé qu’elle avait dû elle-même intervenir lors d’une précédente épidémie pour obtenir des données de Pékin. «Cette fois-ci, la Chine a communiqué avec l’OMS» mais probablement «une à deux semaines» trop tard, dit-elle. Or «chaque jour de retard est vraiment une question grave», ajoute-t-elle.

Selon elle, le virus circulait probablement déjà en décembre dans ce pays et largement en janvier dans plusieurs pays. Selon elle, les nouveaux cas en Chine constituent peut-être le début d’une seconde vague.

Désormais, l’ancienne patronne de l’OMS demande une réforme du Règlement sanitaire international qui pilote la réponse multilatérale face aux crises sanitaires, notamment sur la question des restrictions de déplacements. Le GPMB proposera en septembre dans son prochain rapport des recommandations. Plusieurs acteurs, notamment certains pays, estiment aussi que ce dispositif n’est plus adapté aux épidémies actuelles et demandent des réaménagements.

(ATS)

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