Handball: Un Suisse sur le toit de l'Europe en handball
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HandballUn Suisse sur le toit de l'Europe en handball

Gardien de l’équipe nationale, Nikola Portner (24 ans) raconte son sacre en Ligue des champions avec Montpellier.

par
Jérome Reynard
Nikola Portner, drapeau suisse sur les épaules, a embrassé le trophée de la Ligue des champions.

Nikola Portner, drapeau suisse sur les épaules, a embrassé le trophée de la Ligue des champions.

European Handball Federation

En six jours, Nikola Portner est passé par tous les états d’âme. Battu mardi dernier à Saint-Raphaël, Montpellier a vu son rêve de champion de France s’envoler (les Héraultais doivent espérer un inimaginable faux pas du PSG demain lors de l’ultime journée). Avant de s’en aller chercher la deuxième Ligue des champions de son histoire – après 2003 – durant le week-end à Cologne, au bout d’un Final Four d’anthologie (victoires face à Skopje en demi-finale puis Nantes en finale).

Un véritable ascenseur émotionnel. Que le gardien de l’équipe de Suisse (24 ans) a vécu de l’intérieur, malgré son statut de remplaçant en club (1 arrêt le samedi, 2 le dimanche). «On était au fond du trou, mais le coach a eu des mots forts à notre arrivée. Il nous a dit: «Si j’en vois un qui a l’air abattu, il dégage!» Et puis on s’est retrouvés dans un contexte où toute la ville était décorée aux couleurs du Final Four, où l’engouement était énorme. On est entrés dans une sphère qui nous a permis d'oublier la désillusion du mardi, raconte le jeune homme. Derrière, on élimine le tenant du titre et on finit sur le toit de l’Europe parce qu’on a finalement été les plus solides mentalement. C’est magique. On pourra s’identifier toute notre vie à cette nouvelle étoile sur le maillot de Montpellier.»

«J'ai enfilé le drapeau de la Suisse pour que tout le monde sache qu'on existe dans ce sport»

Dans l’Hérault depuis deux ans après avoir passé sept saisons en Suisse et décroché deux championnats avec Schaffhouse (en 2015 et en 2016), Nikola Portner est le premier joueur au passeport rouge à croix blanche à remporter une Ligue des champions. Vingt-sept ans après le troisième sacre européen de… son papa, Zlatko, par ailleurs champion du monde avec l’ex-Yougoslavie en 1986. Pas trop lourde à porter, l’image paternelle? «Non. D’autant qu’il m’a toujours laissé faire mes propres choix. Après, j’admets que j’aurais difficilement pu éviter le hand. Quand j’étais petit, l’armoire à trophées de mon père était dans ma chambre, question de place. Et puis il me mettait dans les cages lorsqu’on jouait. C’est pour ça que je suis gardien. Et c’est comme ça que j’ai appris la gagne. Il ne me faisait aucun cadeau. Comme ma sœur aînée, qui préférait mourir plutôt que perdre aux cartes contre moi.»

Né à Lyon de parents serbes, Nikola Portner aurait pu espérer porter le maillot d’une grande nation de handball. Mais il a opté pour celui de la Suisse, où sa famille a emménagé alors qu’il avait 8 mois. «J’ai tout vécu dans ce pays et je m’y identifie. La première chose que j’ai faite, dimanche avec le trophée, c’est mettre un drapeau de la Suisse autour de moi pour que tout le monde sache qu’on existe dans ce sport.» Avec un fer de lance qui vient de prolonger son contrat chez le nouveau champion d’Europe jusqu’en 2022, rôle de titulaire en vue.

MINI BIO

NAISSANCE Nikola Portner naît le 19 novembre 1993, à Lyon. Ses parents (serbes) s’installent durant l’été 1994 à Berne.

ÉTUDES Il suit l’école obligatoire en français dans la capitale puis enchaîne avec le gymnase de Bienne et l’Université de Fribourg.

CARRIÈRE Il entame sa carrière de handball à Berne en 2009 avant de rejoindre Schaffhouse en 2014, où il fête deux titres de champion de Suisse (2015 et 2016). Gardien international helvétique (48 sélections), il évolue depuis 2016 à Montpellier, avec qui il vient de remporter la Ligue des champions.

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