27.12.2018 à 07:18

SuisseUn Suisse sur trois conduit après avoir trop bu

Plus de 30% des Suisses conduisent durant les fêtes de fin d'année même après avoir consommé trop d'alcool. Un expert exige davantage de contrôles policiers.

par
Christine Talos
Les experts réclament davantage de contrôles policiers.

Les experts réclament davantage de contrôles policiers.

Keystone

Boire ou conduire: ce slogan bien connu n'est pas franchement respecté en Suisse durant les fêtes de fin d'année. En effet, selon une enquête du comparateur en ligne Comparis, 37% des Helvètes sondés disent avoir pris le volant après une fête en ayant consommé plus de deux verres de vin ou plus d'un demi-litre de bière. Ils sont aussi 13% à avouer qu'ils ne se séparent jamais de leur voiture, quoi qu'ils aient bu.

Leurs hôtes n’ont pas de quoi être fiers : 56% d’entre eux ont laissé leurs invités rentrer en voiture en état d'ébriété. Seuls 30% des sondés ont appelé un taxi pour leurs invités enivrés. Et seuls 14 % ont eu recours à Nez Rouge, pour eux-mêmes ou pour leurs invités.

Seulement 23% des personnes interrogées affirment ne pas prendre le volant après avoir bu un à deux verres de vin ou moins d'un demi-litre de bière. Il y a une différence entre les deux côtés de la Sarine. En Suisse romande, ils ne sont que 10% à ne pas conduire à ce stade-là d'alcoolémie tandis qu'en Suisse alémanique, ce taux est de 22%. De plus, un Romand sur quatre indique ne jamais laisser sa voiture sur place après avoir consommé de l’alcool, contre seulement 9% des Alémaniques.

Différence entre les sexes

L’enquête révèle aussi des différences entre les sexes. En effet, les femmes sont 23% à ne plus prendre le volant après un verre de vin ou une bière, contre seulement 15% des hommes. Enfin, 47% des hommes ont déjà conduit après avoir consommé plus de deux verres de vin lors d’une fête (28% des femmes). Et 23% des hommes ont récidivé, contre seulement une femme sur dix.

«De nombreux conducteurs ne sont pas conscients du risque qu'ils courent en ayant trop d'alcool dans le sang», selon le psychologue de la circulation Urs Gerhard, interrogé par 20 Minuten jeudi. «Certains automobilistes ne réalisent pas qu'ils ont trop bu parce qu'ils ne se sentent pas ivres».

Capacités surestimées

Selon l'expert, ceux qui consomment habituellement de l'alcool le soir surestiment leur capacité à conduire. «Ils croient avoir tout sous contrôle même s'ils ont bu plus que d'habitude». Urs Gerhard note également : «Dans les campagnes, où la police n'effectue souvent que peu ou pas de contrôles, les gens boivent sans doute encore plus que dans les villes, où les gens sont davantage conscients qu'ils peuvent être contrôlés».

Nicolas Kessler, porte-parole du bureau de prévention des accidents (bpa), abonde: déjà à partir de 0,5 pour mille d'alcool dans le sang, le risque d'un accident mortel est doublé, affirme-t-il en pointant le retard dans le temps de réaction. Et, selon lui, la prévention ne peut fonctionner que si elle s'accompagne de contrôles routiers. Il réclame donc davantage de contrôles de police.

L'étude a été réalisée en novembre 2018 auprès de 981 personnes en Suisse alémanique et romande. Les internautes âgés de 18 à 65 ans ont été interrogés sur le thème de l'alcool au volant.

L'opération Nez Rouge continue

Pour rappel, la 29e opération de Nez Rouge se poursuit jusqu'au 1er janvier. Elle couvre toute la Suisse. Seules les régions de Bâle, de l'Engadine et du Haut-Valais ne sont actuellement pas desservies. Depuis le début de l'action le 30 novembre, près de 6400 personnes ont donné de leur temps pour ramener leurs congénères en sécurité chez eux. Ils ont déjà sillonné 447'709 km, soit 2,8% de plus que l'an passé.

Nez Rouge répond au numéro gratuit 0800 802 208 ou sur www.nezrouge.ch

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