Actualisé 13.01.2020 à 14:32

Journaliste tué en Slovaquie«Jan Kuciak m'a ouvert. Je lui ai tiré dans la poitrine»

Le procès des accusés de l'assassinat du journaliste slovaque Jan Kuciak et sa fiancée commence par livrer ses premiers secrets.

Le double meurtre avait déclenché des manifestations de masse contre le gouvernement du Premier ministre Robert Fico, qui avait fini par démissionner.

Le double meurtre avait déclenché des manifestations de masse contre le gouvernement du Premier ministre Robert Fico, qui avait fini par démissionner.

AFP

L'un des quatre accusés du meurtre du journaliste d'investigation slovaque Jan Kuciak a décrit en détail lundi le crime dont il plaide coupable au procès qui se déroule à Pezinok, près de Bratislava.

«J'ai tapé sur la porte, Jan Kuciak m'a ouvert. Je lui ai tiré dans la poitrine», a dit l'ancien soldat professionnel Miroslav Marcek, 37 ans, à la cour.

«Malheureusement, j'ai vu qu'il y avait une autre personne, elle a couru dans la cuisine et j'ai tiré sur elle là-dedans. Je sais qu'elle est morte sur le coup. En partant, j'ai tiré encore une fois sur Jan Kuciak, qui était couché sur les marches», a-t-il ajouté.

Auparavant, il a formellement plaidé coupable et dit vouloir demander pardon aux familles des victimes «pour la douleur que nous leur avons causée». «Les voir à la télévision et voir leur peine m'a fait dire ce qui s'est passé. Je le regrette, mais je ne peux pas le changer», a encore ajouté Marcek.

«Je sais qu'elle est morte sur le coup»

Il est jugé aux côtés du commanditaire présumé de l'assassinat, l'homme d'affaires Marian Kocner, qui avait été visé par une enquête de Kuciak, spécialisé dans les affaires de corruption, et de deux autres complices.

Le double meurtre perpétré en février 2018 avait déclenché des manifestations de masse contre le gouvernement du Premier ministre Robert Fico, qui avait fini par démissionner. Le mouvement a ouvert la voie à l'élection à la présidence slovaque de l'avocate libérale et militante anticorruption Zuzana Caputova, en mars.

Des policiers masqués et armés assuraient lundi la sécurité dans le bâtiment de la Cour pénale spéciale, où l'audience a commencé en présence des parents des deux victimes. S'ils sont reconnus coupables, les accusés risquent une peine allant de 25 ans de prison à la réclusion à vie.

Les deux autres accusés sont une ancienne interprète de Kocner, Alena Zsuzsova, et un autre exécutant présumé du crime, Tomas Szabo.

«S'en défaire physiquement»

Un cinquième participant à l'opération, Zoltan Andrusko, ayant servi d'intermédiaire entre Kocner et Zsusova et les deux tireurs, a conclu un accord avec la justice et a été condamné le 30 décembre à quinze ans de prison lors d'un procès séparé.

Marian Kocner, 56 ans, qui fait l'objet d'autres poursuites pour des opérations financières suspectes et de la fraude fiscale, était connu pour son hostilité envers les journalistes, qu'il avait coutume d'insulter et de menacer.

L'acte d'accusation, qui compte 93 pages, avait fait l'objet de fuites dans les médias. Selon ces derniers, Kocner, ne trouvant «aucune saleté» pour discréditer le journaliste gênant, a fini par «décider de s'en défaire physiquement et empêcher ainsi de nouvelles révélations sur ses activités».

(AFP)

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