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ThaïlandeUn temple bouddhiste rembourse 20 millions de dons

Le temple bouddhiste Dhammakaya, complexe monastique ultra-moderne bâti sur une centaine d'hectares, va rendre près de 20 millions d'euros qui lui avaient été versés par un entrepreneur accusé de détournement d'argent.

Le temple bouddhiste Dhammakaya, complexe monastique ultra-moderne, est bâti sur une centaine d'hectares situés à moins d'une heure de Bangkok.

Le temple bouddhiste Dhammakaya, complexe monastique ultra-moderne, est bâti sur une centaine d'hectares situés à moins d'une heure de Bangkok.

AFP

Un temple bouddhiste controversé en Thaïlande pour ses méthodes d'appel aux dons a accepté ce lundi 16 mars de rendre près de 20 millions d'euros qui lui avaient été versés par un dirigeant d'entreprise accusé d'avoir détourné cet argent.

«Nous sommes tombés d'accord pour rendre 100 millions de bahts (trois millions d'euros) par mois de mars à août», soit six tranches, a déclaré Samphan Sermcheep, avocat du temple, à l'issue d'une médiation devant un tribunal local avec l'entreprise lésée, Klongchan.

L'argent versé par l'ancien dirigeant de Klongchan a déjà été investi dans la construction du temple Dhammakaya, complexe monastique ultra-moderne bâti sur une centaine d'hectares, à moins d'une heure de Bangkok.

Mais l'avocat a assuré que de l'argent avait pu être collecté auprès des fidèles de la secte Dhammakaya et que le premier chèque avait été versé lundi.

Ce scandale autour de la secte Dhammakaya, fondée dans les années 1970 en Thaïlande jusqu'à devenir l'un des temples les plus riches du royaume, disposant notamment d'une chaîne satellitaire, a fait la Une des médias depuis des semaines dans ce pays majoritairement bouddhiste.

Est notamment reprochée au meneur du mouvement, le moine Dhammachayo, sa politique commerciale de collectes des dons, sur la promesse que la qualité de la prochaine vie de ses fidèles serait proportionnelle à l'importance de leurs dons.

L'affaire a suscité un débat plus large en Thaïlande ces dernières semaines sur le penchant au mercantilisme des temples bouddhistes du royaume et l'absence de contrôle des autorités sur l'emploi des dons conséquents faits aux temples, alors même que les donateurs bénéficient de réductions d'impôts.

En échange de ce remboursement des dons d'origine douteuse, l'avocat du temple a demandé à l'entreprise d'abandonner les poursuites judiciaires, mettant fin à une saga judiciaire qui a fait la Une des journaux, qui attendaient la convocation fin mars du moine Dhammachayo devant la justice dans cette affaire.

Plusieurs scandales de moines corrompus ou ayant des relations sexuelles ont ébranlé l'institution bouddhiste en Thaïlande ces dernières années. Le moine qui avait le plus frappé les esprits, Wiraphol Sukphol, voyageait en jet privé.

tp-dth/abk

(AFP)

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