24.07.2020 à 16:01

Santé

Un test détecte le cancer quatre ans avant son diagnostic

Une équipe internationale a mis au point une méthode d’analyse sanguine qui repère des signes précoces de la maladie. Une fois perfectionné, il pourrait permettre de traiter plus vite et donc sauver des vies.

par
Michel Pralong
L’étude a été menée sur plus de 120 000 prélèvements sanguins effectués en 2007 sur des personnes alors en bonne santé et qui ont été suivies ensuite, ce qui a permis de différencier les échantillons de celles qui ont développé un cancer et de celles qui ne l’ont pas eu.

L’étude a été menée sur plus de 120 000 prélèvements sanguins effectués en 2007 sur des personnes alors en bonne santé et qui ont été suivies ensuite, ce qui a permis de différencier les échantillons de celles qui ont développé un cancer et de celles qui ne l’ont pas eu.

iStockphoto

La lutte contre le cancer passe évidemment par la recherche de thérapies. Mais améliorer la détection de la maladie est également primordial. Plus vite le cancer d’un patient est diagnostiqué, plus vite il peut être traité. Les chiffres montrent que, détecté à un stade précoce, les chances d’une survie moyenne de 5 ans sont de 91%. À un stade tardif, le pourcentage chute à 26%.

Les recherches de détection s’étaient jusqu’ici effectuées sur des personnes déjà diagnostiquées comme ayant un cancer. Mais une étude a démarré à Taizhou, en Chine, en 2007 déjà. Et à une très grande échelle. Elle a consisté à recueillir des échantillons de plasma sanguin de 123 115 personnes saines en vue d’un stockage à long terme. En suivant tous ces volontaires au fil des années, on a ensuite pu cataloguer ces prélèvements selon que le patient a ensuite développé un cancer ou non. Et on a effectué des tests pour savoir s’il était possible, chez les patients frappés par la maladie, de la détecter dans leurs anciens échantillons sanguins. La réponse est oui, comme une équipe de chercheurs chinois et américains viennent de l’écrire dans «Nature».

Cinq types de cancer dépistés

Appelé PanSeer, leur test de dépistage sanguin a été capable de détecter plusieurs types de cancer jusqu’à quatre ans avant les méthodes de détection habituelles et cela de manière extrêmement efficace. Les cinq types de cancer ainsi dépistés étaient ceux de l’estomac, de l’œsophage, colorectal, du poumon et du foie. Les chercheurs précisent, et c’est important, que ce test ne prédit pas un futur cancer chez une personne totalement saine. Il est capable de repérer des excroissances cancéreuses déjà existantes chez des personnes dont on ne voit encore aucun symptôme avec d’autres méthodes de dépistage. Et gagner jusqu’à quatre ans dans la détection d’un cancer sauverait bien des vies.

Contrairement à de précédentes recherches sur de telles analyses sanguines qui prévoyaient la nécessité de prélever plusieurs flacons de sang par patient, et pour un coût élevé, cette nouvelle méthode n’a besoin que d’un seul tube, expliquent les scientifiques. Elle pourrait donc constituer l’un des tests préliminaires à faire. S’il est positif, d’autres recherches plus précises (mais plus compliquées et coûteuses), notamment pour détecter quelles parties du corps sont atteintes, pourraient alors être entreprises.

Étendre la recherche

Les chercheurs reconnaissent que leur étude à certaines limites et qu’un usage clinique de leur test n’est pas encore possible. Ils espèrent pouvoir «procéder à une vaste étude prospective d’individus en bonne santé afin de déterminer si le dépistage non invasif du cancer peut réduire les décès par cancer en d’une manière rentable». Interrogé par «Scientific American», Colin Pritchard, pathologiste moléculaire à la Faculté de médecine de l’Université de Washington et qui n’a pas participé à l’étude, estime que celle-ci «propose plusieurs approches intéressantes dans la recherche d’un test. Nous sommes encore loin d’avoir un test de dépistage sanguin précis du «pan cancer». Mais ce n’est pas impossible à réaliser».

Tous les cancers ne pourront sans doute pas être détectés précocement. Déjà parce que certains se développent extrêmement rapidement, mais aussi parce que certains types de tumeurs malignes pourraient ne pas être repérés par analyse du plasma sanguin. L’idée maintenant est de tester cette méthode sur les cancers les plus courants, mais aussi sur les plus meurtriers, comme celui du pancréas. prochaine cible de cette équipe de chercheurs.

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3 commentaires
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OlivierEllenberger

25.07.2020 à 08:47

Volontaires en Chine!!! Faites-moi rire

Fabien

25.07.2020 à 04:27

Dommage qu’on ne peut détecter la connerie en avance !

Aglagla

24.07.2020 à 17:54

J'aime les nouvelles qui donnent de l'espoir :-)