Football: Un tour, 10 équipes, 10 stats marquantes

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FootballUn tour, 10 équipes, 10 stats marquantes

Presque toutes les équipes de Super League se sont affrontées une fois cette saison. L’occasion de faire un bilan chiffré provisoire et de tracer des tendances sur chacune de ces formations.

par
Valentin Schnorhk

Dans les faits, le premier tour de Super League n’est pas tout à fait terminé. Il manque encore ce Lucerne-Bâle de début de saison, qui n’a toujours pas trouvé de place dans le calendrier. Pas de quoi non plus remettre en cause ce que les 44 autres matches de championnat ont révélé jusqu’ici. Quasi toutes les équipes se sont affrontées, et c’est une bonne façon de tracer des tendances.

Mattia Croci-Torti (Lugano) et Alain Geiger (Servette) ont conclu leur premier tour de Super League dimanche.

Mattia Croci-Torti (Lugano) et Alain Geiger (Servette) ont conclu leur premier tour de Super League dimanche.

Claudio De Capitani/freshfocus

Voici donc le premier bilan statistique de la saison, en se basant sur les données avancées collectées par le fournisseur Wyscout. Avec pour chacune des équipes, une statistique clé, qui dit beaucoup de ce que la formation en question a fait jusque-là et ce qu’elle sera amenée à proposer par la suite.


Young Boys, l’équipe la plus productive

Cedric Itten et Jean-Pierre Nsame, symboles de ce YB qui crée beaucoup de danger.

Cedric Itten et Jean-Pierre Nsame, symboles de ce YB qui crée beaucoup de danger.

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Leader de Super League, Young Boys le doit beaucoup à son effectif extrêmement bien fourni. Il y a aussi une forme de réussite, puisque les Bernois marquent plus que ce qu’ils devraient, selon le modèle des Expected Goals.

Reste qu’il y a des signes qui ne trompent pas: l’approche offensive est rodée et personne en Suisse ne se crée des occasions de meilleure qualité qu’YB. En quantité également, la formation de Raphaël Wicky se veut productive. À noter que, défensivement, cela reste aussi très solide.


Servette, l’équipe la mieux protégée

La paire Nicolas Vouilloz – Yoan Séverin assure les arrières du club genevois en ce début de saison.

La paire Nicolas Vouilloz – Yoan Séverin assure les arrières du club genevois en ce début de saison.

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Il y a une forme de réussite dans la deuxième place servettienne après neuf journées. Mais elle peut s’expliquer: défensivement, les Grenat sont imperméables. Ils concèdent certes beaucoup de tirs à leurs adversaires, mais de très faible qualité. Une équipe qui tente une frappe contre Servette n’a en moyenne que 8% de chances de marquer.

Une explication? La défense de surface bien organisée proposée par l’équipe d’Alain Geiger, avec une charnière centrale Vouilloz-Séverin et le milieu défensif Douline qui protègent très bien l’axe du but de Frick.


Saint-Gall, l’équipe la plus menaçante

Saint-Gall est présent plus que n’importe quelle autre équipe dans la surface adverse.

Saint-Gall est présent plus que n’importe quelle autre équipe dans la surface adverse.

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On ne change pas une recette qui marche. Même quand elle ne marche pas parfaitement. On ne touchera pas aux principes de Peter Zeidler. Et force est d’admettre que Saint-Gall reste performant, dans ce style qui lui est propre. Intensité, attaques axiales, verticalité sont des formules qui fonctionnent chez les Brodeurs.

Sans être toujours récompensés, ils maintiennent toujours une menace permanente sur leurs adversaires. Si bien qu’ils sont ceux qui touchent le plus souvent la balle dans la surface adverse. À force, cela permet de marquer des buts.


À Sion, Chouaref le plus dribbleur

Ilyas Chouaref est le joueur qui cherche le plus le un contre un.

Ilyas Chouaref est le joueur qui cherche le plus le un contre un.

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Auteur d’un début de saison intéressant, le FC Sion trouve petit à petit son identité. Elle est forcément joueuse, mais avec aussi un bloc médian, voire bas sans ballon. Et en phase offensive, Paolo Tramezzani doit encore trouver le moyen d’intégrer toutes ses armes. Parmi lesquelles Ilyas Chouaref.

Arrivé cet été, le Français a souvent eu un rôle de joker, avant de se faire une place sur les derniers matches. C’est par sa capacité à chercher le 1 contre 1 qu’il peut se démarquer des autres éléments sédunois. En Super League, personne ne cherche autant le dribble que lui. Il s’agira désormais d’intégrer idéalement ce profil au collectif, parce qu’il n’a pour l’instant inscrit qu’un seul but.


Grasshopper, l’équipe qui tire le moins et concède le plus

Malgré ses difficultés offensives et défensives, GC s’en tire bien sur ce début de saison.

Malgré ses difficultés offensives et défensives, GC s’en tire bien sur ce début de saison.

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C’est un petit peu l’anomalie de ce début de saison. Grasshopper crée relativement peu et concède beaucoup, tant en quantité qu’en qualité. Mais les Sauterelles pointent au milieu de tableau, malgré ses statistiques qui ne les mettent pas en valeur.

L’explication? Une tendance à tenter (et réussir à marquer) de loin et sur coups de pied arrêtés. Cela booste les stats. Mais au retour à la normale, notamment d’un point de vue défensif. Personne n’est aussi friable que l’équipe dirigée par Giorgio Contini.


Bâle, l’équipe qui a le plus la balle

À l’instar de Wouter Burger, le FC Bâle a adopté un jeu posé cette saison.

À l’instar de Wouter Burger, le FC Bâle a adopté un jeu posé cette saison.

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Après plusieurs saisons insipides, les choses se mettent petit à petit en place à Bâle, avec Alex Frei. Tout est loin d’être parfait, et des problèmes connus reviennent au grand jour (l’approche défensive, notamment). Mais les principes offensifs, avec une utilisation pertinente de la largeur, semblent se roder.

De la sorte, il y a une équipe caméléon qui se met en place et qui n’a pas peur d’avoir le ballon quand elle le peut. Quitte à avoir parfois une approche horizontale.


Lugano, l’équipe la plus directe

Les Luganais recourent très souvent à un jeu vertical.

Les Luganais recourent très souvent à un jeu vertical.

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L’équipe qui a remporté la Coupe de Suisse l’année passée continue sa mutation, après plusieurs années à se contenter d’un style très restrictif. Mais la confiance a fui Lugano en ce début de saison, quand bien même les Tessinois semblaient vouloir afficher des ambitions dans le jeu lors des premières journées.

Il y a tout de même une tendance qui se dégage après un tour: l’équipe de Mattia Croci-Torti se veut verticale. Elle cherche les espaces, surtout en profondeur. Le jeu est souvent allongé, en quête d’espaces à attaquer dans le dos des défenses adverses. Cela ne paye pas encore véritablement.


Lucerne, l’équipe qui dispute le moins de duels

Malgré l’impact de Nicky Beloko, les Lucernois sont souvent réfractaires à s’engager dans les duels.

Malgré l’impact de Nicky Beloko, les Lucernois sont souvent réfractaires à s’engager dans les duels.

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«Lucerne, c’est un petit Saint-Gall, mais qui n’arrive pas à reproduire le même schéma sur la durée». L’analyse est celle d’un membre d’un staff de Super League, il y a quelques semaines. L’idée était alors de relever l’intensité et le jeu très rythmé que les Lucernois essaient d’imposer à leurs adversaires, un peu à l’image des Brodeurs. Mais au classement, avec un match en moins certes, Lucerne a un petit retard.

Il s’explique notamment statistiquement, et permet aussi de faire un parallèle avec les excellentes performances du printemps dernier. À l’époque, personne ne disputait autant de duels défensifs que l’équipe de Mario Frick. Aujourd’hui, elle est dernière de ce tableau. Et ce malgré la présence dans ses rangs de Nicky Beloko, hyperactif en la matière (largement en tête du classement individuel).

Une piste d’explication? Peut-être les nombreux cartons rouges récoltés (cinq), qui incitent à une approche un peu plus passive.


Winterthour, l’équipe la plus passive

Roy Gelmi et Enis Abedini tendent à s’activer surtout lorsque l’adversaire est proche de leur but.

Roy Gelmi et Enis Abedini tendent à s’activer surtout lorsque l’adversaire est proche de leur but.

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Depuis dimanche, Winterthour a abandonné la place de lanterne rouge de Super League à Zurich, grâce à sa victoire à Sion. Pour la première fois de la saison, le plan déroulé par l’entraîneur Bruno Berner a porté ses fruits. Pourtant, il n’a jamais changé, notamment sans ballon.

L’approche est toujours médiane, voire basse, avec un bloc que l’entraîneur veut le plus compact possible. Winterthour ne cherche pas la prise de risque: il presse jamais et attend. En misant sur les transitions rapides. Sion est le premier à être tombé dans un piège qui a tout de même ses limites.


À Zurich, Brecher le gardien le moins décisif

Yannick Brecher a un impact négatif sur son équipe sur le premier tour de championnat.

Yannick Brecher a un impact négatif sur son équipe sur le premier tour de championnat.

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Zurich est champion en titre et, pourtant, après un tour, il n’a toujours pas remporté le moindre match. Les explications sont plurielles: le manque de réussite est notamment flagrant, comme l’illustrent les différentes données basées sur les Expected Goals.

Mais la sous-performance a parfois ses raisons factuelles et tangibles. Peut-être bien que les prestations de son portier Yannick Brecher n’y sont pas pour rien. Le capitaine du FCZ encaisse ainsi beaucoup plus de buts que ce que prédit la théorie. Là où, l’année passée, il était légèrement au-dessus de ces que le modèle suggérait. Difficile pour une équipe en crise de surnager quand son portier n’est plus aussi décisif.

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