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ÉditorialUn traitement de choc pour un pays fatigué

Annoncées la semaine dernière, les nouvelles mesures en vigueur jusqu’à fin février vont plomber l’ambiance.

par
Eric Felley
Une nouvelle disposition pour la conférence de presse du Conseil fédéral avec les chefs des FInances et de l’Économie des cantons.

Une nouvelle disposition pour la conférence de presse du Conseil fédéral avec les chefs des FInances et de l’Économie des cantons.

CH

Cela doit grogner fort dans les rangs de l’UDC ou du PLR. La majorité du Conseil fédéral, car il s’agit bien de lui et non pas seulement d’Alain Berset, a décidé de monter en puissance dans les mesures visant à lutter contre la pandémie. Même si ce n’est pas un confinement brutal comme dans certains pays, c’est un traitement de choc qui est imposé aux Suisses pour la suite de l’hiver. Un «choix cornélien» a dit Alain Berset, qui préfère jouer la prudence face à la menace d’une troisième vague.

La Suisse monte donc en puissance après des semaines, où les mesures cantonales, puis l’amorce d’une reprise en main fédérale, n’ont pas permis d’obtenir des résultats significatifs. À cela il faut ajouter la menace des nouveaux variants qui sont plus rapides à se répandre dans la population. Enfin, la Suisse compte beaucoup trop de décès dans cette deuxième vague, que l’on peut imputer en partie à des mesures qui n’ont pas été à la hauteur de la situation pour des raisons politiques. À vouloir ménager la chèvre et le chou, on n’a fait que prolonger une mauvaise situation. On en paie le prix pour un bon mois de plus.

La «souffrance» de la population

Dans ces nouvelles mesures, on peut s’étonner qu’on ferme les magasins de vêtements, mais pas les fleuristes, et qu’on laisse ouvertes les pistes de ski. Il semblerait que les remontées mécaniques seront les dernières sociétés qui fermeront dans ce pays, même après les écoles… On veut bien admettre avec Alain Berset qu’il n’y a pas grand risque de l’attraper en skiant, mais l’inégalité de traitement avec d’autres secteurs devient un peu choquante. Cela dit, une situation où tout le monde serait satisfait est désormais illusoire. La fatigue et la «souffrance» de la population, selon le mot de Guy Parmelin, joue avec les nerfs de tous.

À partir de lundi, il ne nous reste qu’à prendre notre mal en patience. Pour les personnes qui ont un emploi et une certaine sécurité économique, cela s’annonce comme une morne parenthèse de plus dans leur vie. Mais pour tous les commerçants, qui voient leurs revenus disparaître, c’est une course contre la montre qui s’engage pour être indemnisés. C’est là où le génie helvétique devrait apparaître afin que toute personne lésée soit indemnisée à temps.

Pour que les 2,5 milliards de francs prévus à cet effet parviennent là où ils sont vitaux, la Confédération s’en remet aux cantons pour accélérer les choses. Mais, comme l’a expliqué Ueli Maurer, dont on perçoit à chaque mot la réticence à sortir de l’argent, la tâche est grande et nécessite des moyens exceptionnels. Si le nombre de cas de rigueur à indemniser passe de 50 000 à 100 000, cela représente un grand défi logistique, soit l’équivalent de 300 000 heures de travail ou 2000 postes de travail.

Mais le défi logistique doit être à la hauteur du défi humain que cela représente jusque dans la plus petite échoppe obligée de fermer. Comme le dit Guy Parmelin, il ne faut pas céder à la colère, mais garder «la tête froide». Avec des comptes à sec, c’est beaucoup plus difficile.

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