Nicaragua - Quatre opposants à Ortega arrêtés à cinq mois de la présidentielle
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NicaraguaQuatre opposants à Ortega arrêtés à cinq mois de la présidentielle

Après Arturo Cruz et Cristiana Chamorro, ce sont Felix Maradiaga et Juan Sebastián Chamorro García, eux aussi candidats potentiels à la présidentielle, qui ont été arrêtés.

Felix Maradiaga est le pré-candidat de l’Unité nationale, une plateforme composée d’organisations de la société civile qui ont soutenu les manifestations de 2018 exigeant la démission du président Ortega. (Photo INTI OCON / AFP)

Felix Maradiaga est le pré-candidat de l’Unité nationale, une plateforme composée d’organisations de la société civile qui ont soutenu les manifestations de 2018 exigeant la démission du président Ortega. (Photo INTI OCON / AFP)

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La police nicaraguayenne a arrêté mardi l’opposant Juan Sebastián Chamorro García, devenu ainsi le quatrième candidat à la présidentielle du 7 novembre emprisonné dans ce pays dirigé par le sandiniste Daniel Ortega, qui pourrait briguer lui-même un quatrième mandat successif.

Juan Sebastián Chamorro García – cousin d’une autre candidate détenue, Cristiana Chamorro – a été arrêté entre autres pour «incitation à l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures» et «organisation avec le financement de puissances étrangères pour perpétrer des actes de terrorisme», selon un communiqué de la police.

Toujours mardi, un troisième candidat à la présidentielle, Felix Maradiaga, a été arrêté. Le parquet a ouvert contre lui une enquête pour agissements contre la souveraineté du pays et incitation à l’ingérence étrangère, a indiqué le ministère public.

Le département d’État américain a immédiatement réagi, qualifiant cette arrestation d’«arbitraire» et le président Daniel Ortega de «dictateur». «La communauté internationale n’a d’autre choix que de le traiter comme tel», a réagi sur Twitter la responsable de la diplomatie américaine pour les Amériques, Julie Chung.

Les charges retenues contre M. Maradiaga font partie du nouvel arsenal juridique mis en place en décembre par le président Ortega. Cette nouvelle loi punit «les actes qui portent atteinte à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination, qui incitent à l’ingérence étrangère dans les affaires intérieures, demandent des interventions militaires, s’organisent avec le financement de puissances étrangères pour commettre des actes de terrorisme et de déstabilisation».

Felix Maradiaga, 44 ans, est le pré-candidat de l’Unité nationale (UNAB), une plateforme composée d’organisations de la société civile qui ont soutenu les manifestations de 2018 exigeant la démission du président Ortega et qui ont fait 328 morts.

Juan Sebastián Chamorro García est le quatrième opposant et potentiel candidat à l’élection présidentielle du 7 novembre à être arrêté en moins d’une semaine, après Felix Maradiaga, Cristiana Chamorro et l’ex-diplomate Arturo Cruz. Ce dernier s’est déclaré il y a deux mois sous les couleurs du parti Alliance citoyenne pour la Liberté (CXL, droite).

M. Cruz, 67 ans, «fait l’objet d’une enquête de la police nationale car il y a de forts indices qu’il ait attaqué la société nicaraguayenne et les droits du peuple», a affirmé le ministère public. Pour le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (CENIDH), l’arrestation de M. Cruz répond à une «stratégie perverse» du gouvernement de Daniel Ortega pour intimider ceux qu’il considère comme des ennemis politiques: «Il ne s’agit pas d’enquête pénale, mais de persécution politique.»

Pour sa part, Cristina Chamorro, assignée à résidence, n’appartient à aucun parti, mais fait figure de principale concurrente à M. Ortega. De nombreux pays ont demandé sa libération immédiate. «Sous Ortega, le Nicaragua devient un paria international et s’éloigne de plus en plus de la démocratie», avait déclaré Cristina Chung après l’arrestation de M. Cruz, ambassadeur du Nicaragua aux États-Unis entre 2007 et 2009.

Le tribunal électoral, constitué de magistrats proches du parti au pouvoir, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), a déjà écarté de la compétition électorale le Parti de la restauration démocratique (PRD, évangélique) et le Parti conservateur (PC, droite), l’un des plus anciens du pays. Avant son arrestation, M. Maradiaga a déclaré n’avoir «rien à cacher» et a nié avoir demandé des sanctions contre le pays, mais contre «des personnes qui ont commis des crimes contre l’humanité» et des violations des droits humains.

(AFP)

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