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Abus répétés en live streamingUn Vaudois accusé de sévices sexuels sur un nourrisson

Via Skype, Dylan* aurait monnayé des actes d’ordre sexuel abominables sur un nouveau-né et incité sa maman à les commettre depuis la Roumanie.

par
Evelyne Emeri
Le nourrisson avait 15 jours lorsque le Vaudois découvre son existence. Deux semaines plus tard, il demande à la mère du nouveau-né d’en abuser à distance une première fois contre une rémunération, premiers sévices d’une longue série. (Photo d’illustration)

Le nourrisson avait 15 jours lorsque le Vaudois découvre son existence. Deux semaines plus tard, il demande à la mère du nouveau-né d’en abuser à distance une première fois contre une rémunération, premiers sévices d’une longue série. (Photo d’illustration)

Hans Lucas via AFP

Une dizaine de pages pour décrire l’insoutenable cruauté de l’être. Le procureur vaudois Xavier Christe liste dans son acte d’accusation le nombre de fois où celui qu’il renvoie devant une Cour criminelle aurait frappé après des années d’impunité. Cet homme aurait poussé vingt-cinq fois une jeune mère à perpétrer des abus sexuels qui révulsent sur son nouveau-né, venu au monde le 1er septembre 2014. Et à chaque requête, plusieurs exigences.

Abusé à un mois

Ainsi Dylan, âgé aujourd’hui de 27 ans, n’est pas accusé d’être l’auteur direct de ces crimes, mais en revanche d’en être l’instigateur. Il rétribuait, en argent ou en tokens (ndlr. actif numérique), sa complice roumaine, déjà condamnée dans son pays, pour assister aux scènes répugnantes qu’il lui suggérait et qu’elle aurait accepté de reproduire sur son fils, dès son premier mois de vie.

Piégé par la Roumanie

Ces faits d’une gravité extrême se situent entre septembre 2014 et juillet 2015. Et auraient bien pu ne jamais être découverts si la police roumaine n’avait pas débusqué le Vaudois dans le matériel informatique de Mircea*, soupçonnée d’exploiter ses enfants depuis la Roumanie par le biais d’une plateforme de live streaming. En octobre 2019, FedPol est alerté des agissements de l’internaute vaudois. La police fédérale transmet l’affaire à la Sûreté vaudoise.

Il demandait un bébé

L’enquête et l’instruction menées ici, respectivement par les limiers et le Ministère public, permettront de découvrir une série d’actes délictueux que nous ne pouvons pas détailler, tellement ils sont laids, dégoûtants et indéfendables. Les charges qui pèsent sur Dylan sont accablantes. Les conversations retrouvées par les enquêteurs roumains ne prêtent par le flan au doute: le prévenu demandait clairement des prestations sexuelles avec un bébé.

Dépravé et abject

Toujours selon le Parquet, toutes ces horreurs se passaient en direct et à distance, via Skype. Depuis son domicile, l’accusé contactait Mircea – 21 ans comme lui au moment des premiers abus – et passait commande de ses pulsions perverses: du sexe qui confine à la barbarie, des pratiques dépravées et abjectes, des attouchements pour faire mal, des «rituels» immoraux, des humiliations, du sadisme. Des sévices qui auront duré près d’une année pour ce tout-petit.

D’autres mères approchées

Entre septembre et octobre 2014, le prévenu est aussi soupçonné d’avoir sévi auprès de trois autres femmes à l’étranger en leur demandant d’avoir des relations sexuelles, toujours par écrans interposés, avec des mineurs ou avec leurs propres enfants mineurs, garçon ou fille. Elles auraient toutes refusé de se plier à ses tentatives de débauche.

Fichiers pédopornographiques

Dylan détenait également quelque 100 fichiers de pornographie enfantine, images et vidéos, dont celles des abus commis par la maman roumaine sur son bébé. D’autres photos (ndlr. mangas) à caractère pédopornographique ont encore été saisies, d’autres enfin avec des animaux. Le tout était stocké dans un disque externe, sur des cartes mémoire, sur un ordinateur portable et dans sa boîte mail.

Il encourt 10 ans

Le présumé coupable va devoir répondre d’instigation (ou de tentative) à actes d’ordre sexuel avec des enfants, d’instigation (ou de tentative) à actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance ainsi que de pornographie. Il risque 10 ans de prison ferme, voire davantage, plusieurs infractions étant en concours.

Détenu depuis 14 mois

Ce manutentionnaire célibataire est en détention provisoire depuis le 4 novembre 2019, soit peu après que FedPol ait transmis le dossier à la police cantonale vaudoise. Il a été soumis à une expertise psychiatrique. Son procès s’ouvre dans une semaine, le 19 janvier, au Tribunal d’arrondissement de la Côte à Nyon (VD).

*Prénoms d’emprunt

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68 commentaires
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Mama2021

13.01.2021 à 14:11

Ce genre de personnage devrait être emprisonné à vie.

Mme Leu

13.01.2021 à 13:45

10 ans c’est bien trop peu.

Yoba

13.01.2021 à 12:25

Comment peut-on croire que le monde va aller mieux après avec ce genre de sévices et le temps nécessaire qu’il faut pour aboutir à mettre au jour de tels abus