Suisse: Un vent nouveau souffle sur l'ONU, selon Berne
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SuisseUn vent nouveau souffle sur l'ONU, selon Berne

La secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Pascale Baeriswyl, a fait l'éloge d'Antonio Guterres, le nouveau secrétaire général de l'ONU.

Pascale Baeriswyl est la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères,

Pascale Baeriswyl est la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères,

Keystone

Malgré les critiques parfois tonitruantes de Donald Trump, le multilatéralisme reste plus que jamais d'actualité, estime la délégation suisse à l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Depuis l'arrivée de M. Guterres à la tête de l'institution, il y soufflerait même «un vent nouveau».

Contrairement à ce que l'on redoutait, le président américain n'a pas annoncé le retrait de la scène multilatérale pour son pays, a souligné la secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, Pascale Baeriswyl, mercredi devant les médias. Il a plutôt parlé d'«opportunités pour l'ONU».

Donald Trump a même reconnu l'utilité de l'ONU et a félicité son nouveau secrétaire général, Antonio Guterres, pour sa volonté de réformer l'institution. Mme Baeriswyl a toutefois lancé une mise en garde contre le penchant nationaliste du président américain: «Nous estimons que l'Etat national du 19e siècle ne peut pas être un modèle pour les Nations du 21e siècle».

Et de fustiger aussi le slogan préféré de M. Trump: «America First». Selon la Fribourgeoise, le fait de placer ses propres intérêts avant toute autre chose ne peut pas fonctionner pour les pays de taille moyenne ou petite. Seule une gestion responsable des ressources globales et communes peut servir leurs intérêts.

Un vent nouveau

La diplomate suisse a fait l'éloge du discours très fort d'Antonio Guterres, une allocution malheureusement quelque peu éclipsée par celle du président américain. Depuis l'arrivée du Portugais à la tête de l'ONU, on sent un vent nouveau, a-t-elle observé.

M. Guterres secoue les consciences dans les questions climatiques et s'investit à fond dans son ambitieux projet de réformes de l'ONU, s'est réjoui Mme Baeriswyl. Il tente aussi d'aborder différemment les discussions sur la migration en remplaçant ce terme très connoté par la notion de «mobilité humaine».

Soutien pour la paix en Syrie

La présidente de la Confédération Doris Leuthard et le chef de la diplomatie suisse Didier Burkhalter étaient à New York en début de semaine pour l'ouverture de l'Assemblée générale de l'ONU. Après leur retour en Suisse pour l'élection du successeur de M. Burkhalter, c'est à la secrétaire d'Etat que revient le rôle de présenter les priorités de la Suisse auprès de l'instance multilatérale.

La Confédération propose ainsi ses services de médiatrice neutre dans des conflits et reste aussi à disposition pour accueillir les discussions de paix pour la Syrie. Elle s'engage également pour améliorer le respect des droits humains, renforcer l'Etat de droit et favoriser un développement durable.

Le Conseil fédéral soutient aussi le «Mécanisme international chargé de préparer les preuves sur les crimes les plus sérieux en Syrie». Cette nouvelle instance «internationale, impartiale et indépendante» a entamé ses travaux il y a peu à Genève.

Ce mécanisme constitue une réponse face à l'incapacité du Conseil de sécurité de l'ONU de requérir une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes de guerre en Syrie, a expliqué Mme Baeriswyl. Bloquée par le veto de Pékin et Moscou sur ce sujet, l'ONU tente de trouver d'autres outils afin d'obliger les responsables du conflit à rendre des comptes.

Collaborer avec le secteur privé

Chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC), Manuel Sager estime pour sa part que l'engagement de l'ONU pour réaliser les objectifs de l'agenda 2030 pour le développement durable est sur la bonne voie. Dans un entretien à l'ats à New York, il souligne aussi l'implication «étonnamment grande» du secteur privé et l'apparition d'un «sens des responsabilités de la part de l'économie privée».

«Une situation stable et des populations bien formées et en bonne santé représentent aussi un intérêt pour le secteur privé», souligne M. Sager. Par ailleurs, les nouveaux marchés seront définis par la génération Y (les «enfants du Millénaire»). Une génération qui, par les réseaux sociaux notamment, se voit comme faisant partie d'une communauté globale et veut prendre ses responsabilités.

«Je trouve encourageant que la jeune génération fasse évoluer les prises de conscience de manière plus globale», se réjouit M. Sager. «Les entreprises actives sur le plan mondial ne peuvent plus se permettre de rester sourdes à ces préoccupations sociales et environnementales», conclut le patron de la DDC.

(ats)

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