Coronavirus - Un week-end de Paques sous la pression du Covid-19
Publié

CoronavirusUn week-end de Pâques sous la pression du Covid-19

L’Europe et l’Amérique du Sud, qui assistent à une recrudescence des cas, multiplient les mesures pour tenter de limiter la propagation du virus.

La pandémie a tué au total plus de 2’829’000 personnes dans le monde depuis fin décembre 2019.

La pandémie a tué au total plus de 2’829’000 personnes dans le monde depuis fin décembre 2019.

AFP

De nombreux pays s’apprêtent samedi à passer un nouveau week-end de Pâques sous la pression du virus et de son cortège de restrictions, tandis que les États-Unis – qui appellent à ne pas «baisser la garde» – ont franchi un palier dans la vaccination avec plus de 100 millions d’injections.

En Europe, frappée par une troisième vague de Covid-19, toute l’Italie sera classée en zone «rouge» (haut risque de contagion et restrictions maximales) pour le week-end pascal, une fête très suivie dans le pays qui est habituellement l’occasion de retrouvailles familiales. Et c’est face à un parvis désert que le pape François a présidé vendredi soir, sur la place Saint-Pierre, son deuxième Chemin de Croix d’affilée sans public à cause du Covid mais avec la participation d’enfants italiens.

En France, on craint la pagaille dans les gares et sur les routes à l’heure des grands départs pour le week-end de Pâques, avant leur interdiction pendant un mois, l’objectif d’une réouverture progressive de certains lieux dès la mi-mai restant incertain. Les habitants de Vienne, la capitale autrichienne, et de sa région sont par ailleurs invités à rester chez eux, depuis jeudi et jusqu’au 6 avril.

Le reste de l’Europe multiplie les mesures pour tenter de limiter la propagation du virus, en particulier concernant les voyages: l’Allemagne va ainsi renforcer pour les «huit à 14 prochains jours» les contrôles autour de ses frontières terrestres. Dans la zone européenne, qui inclut une cinquantaine de pays dont la Russie et des États d’Asie centrale, le nombre des nouveaux décès causés par le coronavirus a dépassé les 24’000 la semaine passée et se rapproche «rapidement» du million, selon l’Organisation mondiale de la santé.

«Mieux que l’année dernière»

Le Liban sera complètement confiné de samedi à mardi matin, pour la Pâques catholique, afin d’éviter une nouvelle recrudescence des cas de Covid-19 dans ce pays de six millions d’habitants. Au Canada – qui compte environ 23 000 morts depuis le début de la pandémie – les deux provinces les plus peuplées, l’Ontario et le Québec, durcissent aussi à partir de samedi les mesures prises pour ralentir la propagation du virus.

Le «frein d’urgence» est activé pour au moins quatre semaines en Ontario, où les rassemblements doivent être évités pendant le week-end de Pâques. Le Québec instaure de son côté un confinement dans plusieurs régions, en plus de maintenir un couvre-feu nocturne depuis début janvier. Et le Pérou – à l’occasion du long week-end pascal, férié dans ce pays – est aussi entré dans un confinement national d’au moins quatre jours, dès jeudi.

En revanche, à Jérusalem déconfinée, les chrétiens ont le sentiment de «revivre» pour Pâques: des centaines de fidèles ont foulé les pavés de la Vieille ville à l’occasion du Vendredi-Saint commémorant la crucifixion du Christ. «C’est tellement, tellement mieux que l’année dernière», souffle Angèle Pernecita, une aide à domicile qui vit en Israël depuis plus de 10 ans et a suivi les messes de Pâques 2020 sur Internet.

Incontrôlable au Brésil

La pandémie a tué au total plus de 2’829’000 personnes dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi vendredi par l’AFP. La situation est particulièrement alarmante en Amérique latine, qui a franchi vendredi le seuil des 25 millions de cas déclarés de Covid-19, conduisant plusieurs pays à renforcer à nouveau les restrictions.

L’épidémie apparaît notamment incontrôlable au Brésil: le géant de 212 millions d’habitants a enregistré plus de 66’000 morts en mars, deux fois plus qu’en juillet 2020, le pire mois jusque-là. La ville de Rio de Janeiro a annoncé vendredi un prolongement de certaines restrictions contre le Covid-19.

Seules les écoles reprendront en présentiel mardi. Les commerces non essentiels, bars, restaurants, cinémas, musées ne rouvriront que dans une semaine avec des horaires réduits. Et les plages pas avant le 19 avril. À São Paulo, l’un des États brésiliens le plus durement touché, les cimetières sont désormais ouverts de nuit, face au nombre de morts record liés au coronavirus.

Passeports vaccinaux interdits en Floride

Aux États-Unis en revanche, où plus de 100 millions de personnes ont reçu au moins une injection de vaccin contre le Covid-19 lors d’une campagne menée tambour battant, le président Joe Biden a salué un souffle «d’espoir», tout en appelant à ne pas «baisser la garde» face au Covid-19.

Car les États-Unis sont engagés dans une course contre la montre pour immuniser le plus rapidement possible leur population, alors que le nombre de cas quotidiens commence à remonter (62’000 nouvelles contaminations en moyenne chaque jour). Mais sur les 100 millions de personnes ayant reçu au moins une dose aux États-Unis, près de 58 millions -- environ un adulte sur cinq -- sont complètement vaccinées, c’est-à-dire ont reçu la ou les deux injections nécessaires, en fonction du vaccin utilisé.

Ces dernières peuvent de nouveau voyager sans risque, ont estimé vendredi les autorités sanitaires américaines, nouveau signe d’un progressif regain d’activité aux États-Unis, où les emplois ont fleuri en mars. Elles devront toutefois continuer à prendre des précautions lors de leurs voyages, en portant un masque et en respectant la distanciation physique, ont souligné les Centres de lutte et de prévention contre les maladies, principale agence fédérale de santé publique américaine.

À la faveur des vacances de printemps, les voyages ont d’ores et déjà fortement repris aux États-Unis. Plus de 1,5 million de passagers quotidiens ont plusieurs fois été de nouveau enregistrés dans les aéroports américains ces deux dernières semaines, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis plus d’un an. Parfois présentés comme solution pour relancer les déplacements internationaux, les passeports vaccinaux ont en revanche été interdits vendredi par le gouverneur du très touristique État de Floride, au nom du respect des «libertés individuelles».

(AFP)

Votre opinion