30.08.2017 à 03:29

Corée du NordUnanimité à l'ONU contre le tir nord-coréen

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi le tir par la Corée du Nord d'un missile balistique qui a survolé le Japon.

Des images de la trajectoire du missile projetées à Tokyo, mardi 29 août 2017.

Des images de la trajectoire du missile projetées à Tokyo, mardi 29 août 2017.

AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi «fermement» et de manière unanime le tir par la Corée du Nord d'un missile balistique ayant survolé le Japon, dans une déclaration approuvée après trois heures de réunion.

A l'issue de cette session convoquée en urgence à la demande des Etats-Unis et du Japon, l'ambassadeur japonais auprès des Nations unies a laissé entendre qu'une nouvelle résolution prévoyant des sanctions pourrait suivre cette déclaration. «La prochaine étape commence maintenant. On ne peut en prédire l'issue mais j'espère bien sûr une résolution forte après cette déclaration», a affirmé Koro Bessho.

Dans la matinée, le président américain Donald Trump avait assuré que «toutes les options étaient sur la table». Mais son ton était resté très mesuré par comparaison avec «le feu et la colère» promis récemment à Pyongyang. Son ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, avait réclamé peu après «quelque chose de fort» après le tir nord-coréen, sans préciser ce que cela pourrait être.

Dans sa déclaration mardi, écrite par les Etats-Unis, le Conseil de sécurité «demande à tous les Etats membres d'appliquer strictement et pleinement» les résolutions de l'ONU, dont celles imposant des sanctions économiques à la Corée du Nord.

Unanimité

La dernière salve de sanctions décidées par l'ONU remonte au 5 août. Un mois de négociations entre notamment les Etats-Unis et la Chine, premier partenaire économique de la Corée du Nord, avait été nécessaire pour aboutir à une résolution votée à l'unanimité des 15 membres du Conseil.

Les mesures visent à priver la Corée du Nord d'un milliard de dollars de recettes tirées de ses exportations de charbon, de fer, de minerai de fer et de sa pêche. Selon des sources diplomatiques, l'ONU garde en réserve d'autres possibilités de sanctions, comme le renvoi en Corée du Nord des travailleurs nord-coréens employés à l'étranger ou des mesures touchant au secteur du pétrole.

La Corée du Nord, qui a admis avoir tiré un missile de moyenne portée au-dessus du Japon, a invoqué le droit à l'autodéfense face aux «intentions hostiles» affichées par les Etats-Unis qui participent actuellement à des manoeuvres militaires annuelles avec Séoul. C'est la première fois que Pyongyang admet avoir envoyé un missile au-dessus du territoire japonais.

Pour Washington, l'enjeu à l'ONU était d'afficher le maintien de l'unité internationale - avec Moscou et Pékin - face à Pyongyang. Il s'agissait aussi d'aboutir à une réponse très rapide après le tir de missile, souligne une source diplomatique.

«Actions scandaleuses contre un membre de l'ONU»

La simple adoption à ce stade par le Conseil de sécurité d'une déclaration traduit toutefois des difficultés à l'ONU pour amener la Corée du Nord à reprendre des négociations sur ses programmes d'armement. Ceux-ci sont jugés dangereux par les grandes puissances pour la stabilité régionale et mondiale.

Le texte, lu solennellement en séance par la présidence égyptienne en exercice du Conseil, évoque des «actions scandaleuses et des menaces contre un autre Etat membre de l'ONU» et réclame «leur arrêt immédiat». Par ces actes, la Corée du Nord «sape délibérément la paix et la stabilité régionales», souligne la déclaration.

Pour la Chine, «les pressions et les sanctions» contre Pyongyang «ne peuvent fondamentalement résoudre le problème». La Russie est un peu sur la même ligne, dénonçant régulièrement une «tendance» à «l'escalade» des tensions.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité réaffirme son engagement à une solution pacifique, diplomatique et politique à la crise avec la Corée du Nord. Mais toute discussion est gelée depuis plusieurs années et aucune perspective de la relancer n'apparaît aujourd'hui.

«Tir de missile. Veuillez vous abriter!»

Mardi tôt, des millions d'habitants du nord du Japon, qui n'ont pas cédé à la panique, avaient reçu au réveil par texto un message d'alerte du gouvernement tandis que les sirènes retentissaient dans le nord du pays: «Tir de missile. Veuillez vous abriter!» Le trafic ferroviaire a été temporairement suspendu. «Toutes les lignes sont perturbées. Motif: tir de missile balistique», pouvait-on lire à Sapporo, principale cité de l'île d'Hokkaido, dans le nord de l'archipel.

La dernière fois qu'un engin nord-coréen avait survolé le Japon remonte à 2009. Le missile a été tiré de Sunan, près de Pyongyang, mardi à 05H57 (20H57 GMT lundi) et a survolé le Japon. L'engin a parcouru 2700 kilomètres à une altitude maximum d'environ 550 km avant de s'abîmer dans le Pacifique. Selon le Pentagone, il s'agissait d'un missile à portée intermédiaire qui n'a pas menacé les Etats-Unis.

Après les dernières sanctions prises début août, Pyongyang avait menacé de tirer quatre missiles aux abords de l'île américaine de Guam. Mais un tir vers Guam aurait été pour Washington «une ligne rouge», note Euan Graham, de l'Institut Lowy en Australie, qui juge que Pyongyang s'est montré «plutôt malin» en choisissant «une demi-mesure».

(AFP)

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