Actualisé 09.06.2020 à 11:25

Une affiche l'affirme: le coronavirus est une punition divine

Bienne

«La Bible est le meilleur des vaccins»: un député démocrate-chrétien a fort à faire avec le prosélytisme dans l'espace public.

par
lematin.ch
L'affiche contestée est visible à plusieurs endroits, comme ici devant une école de Bienne.

L'affiche contestée est visible à plusieurs endroits, comme ici devant une école de Bienne.

DR

«Le coronavirus ne vient pas de Chine!», proclame à Bienne, en allemand seulement, un message biblique affiché dans l'espace public par la Société générale d'affichage (SGA). Ah bon? «Le coronavirus est une attaque divine sur notre morale! Une occasion de se repentir!».

«La Bible est le meilleur des vaccins», prône le message religieux, en citant aussi le Coran et la Torah. Attentif au prosélytisme depuis qu'il a critiqué en 2018 le «Que l’Éternel te bénisse» affiché sur un trolleybus par les Transports publics biennois (Tpb) par l'association chrétienne «Agence C», le parlementaire démocrate-chrétien Mohamed Hamdaoui voit ici de l'obscurantisme.

Réservé et payant

Deux affiches ont été placardées sur un espace réservé et payant: une sur la place de la Gare, l'autre devant le collège Dufour. Elles ne sont pas signées, mais ceux qui téléphonent au numéro mentionné tombe sur un «ambassadeur du Christ»: «Prier ne suffit pas seulement. Il faut aussi recourir à la science pour faire face», a-t-il admis en conversant avec le «Journal du Jura».

«J’userai à nouveau de mes droits d’élu du peuple pour intervenir», promet Mohamed Hamdoui, qui craint des dérives sur l'homosexualité quand il s'agira de voter sur le «mariage pour tous». En dépit d'un postulat accepté par le Conseil de Ville (Parlement) biennois, le trolleybus estampillé «Que l’Éternel te bénisse» circule toujours à Bienne. Le contrat conclu avec les Tbp doit être respecté, et il en ira de même avec la SGA.

Aucune irrégularité

«Je n'ai constaté aucune irrégularité, le message est affiché légalement», commente Nadja Mühlemann, porte-parole de la SGA. Les conditions d'affichage sont clairement réglementées: «Les sujets peuvent attirer l'attention, provoquer, stimuler, divertir».

Les affiches doivent respecter les lois et les règlements, la volonté des propriétaires, les recommandations de la Commission Suisse pour la Loyauté et les conditions générales de la SGA. «La société général d'affichage n'exerce aucune censure. La liberté d'expression prévaut», précise Nadja Mühlemann. Le respect des dispositions incombe à l'annonceur.

Parmi les commentaires publiés sur Facebook, il en est un qui prétend mettre le doigt sur le «véritable scandale»: «Bien entendu, ils oublient les francophones, qui ont pourtant aussi droit à être sauvés de l'enfer», écrit Henri René. À quoi répondent Jacques et Jasmine: «Et tout à coup, tous les Romands comprennent l'allemand»...

Vincent Donzé

Pas pour une église

Les deux affiches critiquées à Bienne ne sont pas à proprement parler une publicité pour une église en particulier. En 2012, les CFF avaient été déboutés par le Tribunal fédéral pour avoir interdit un placard qui critiquait la politique de colonisation d’Israël en gare de Zurich. Le TF avait estimé que les gares étaient des espaces publics où la liberté d’expression devait prévaloir.

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