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Baselworld 2015Une année 2014 satisfaisante pour Raymond Weil

A Bâle, le directeur général de la marque horlogère, Elie Bernheim, présente les enjeux et les perspectives à venir pour son groupe.

Raymond Weil a enregistré l'an dernier une croissance des ventes de 10% pour une production de quelque 200'000 montres.

Raymond Weil a enregistré l'an dernier une croissance des ventes de 10% pour une production de quelque 200'000 montres.

Archive, Keystone

La marque horlogère genevoise Raymond Weil a réalisé un exercice 2014 satisfaisant, indique le vendredi 20 mars son directeur général Elie Bernheim, en fonction depuis près d'un an. L'entreprise familiale reste toujours fermement attachée à son indépendance.

Elie Bernheim, 34 ans, représente la troisième génération à la tête de l'entreprise, fondée en 1976 - en pleine crise horlogère - par son grand-père Raymond Weil. «Un gros challenge sur mes épaules», reconnaît-il.

«Nous avons vécu une année tout à fait satisfaisante, surtout en considérant la situation économique mondiale avec des conflits dans différentes régions et le ralentissement en Chine», relève le jeune patron.

L'entreprise a enregistré l'an dernier une croissance des ventes de 10% pour une production de quelque 200'000 montres. Le directeur général de Raymond Weil souligne la bonne performance réalisée en Angleterre, le deuxième marché du groupe derrière les Etats-Unis.

Reprise aux USA et crise du franc fort en Europe

Le marché américain montre des signes de reprise, constate également Elie Bernheim, qui vit cette année son premier Baselworld en tant que directeur général. De l'autre côté, le groupe n'a pas échappé au ralentissement en Chine, sans conséquences trop négatives toutefois, car le pays ne représente qu'une part de marché minime pour la marque.

Raymond Weil a également dû faire face à l'abandon du taux plancher de l'euro à la mi-janvier. «Nous nous serions bien passés de cette décision». Dans la foulée de l'annonce de la Banque nationale suisse (BNS), le groupe a vécu en matière de commandes «dix jours d'abstinence, une espèce de blackout», raconte le CEO.

Les choses ont toutefois rapidement repris leur cours avec un minimum de visibilité, ajoute-t-il. La société, dont le chiffre d'affaires annuel est estimé à environ 200 millions de francs, a procédé à un réajustement de ses prix suite à l'appréciation du franc, emboîtant le pas aux grands groupes.

Les prix ont baissé de 5% en Suisse et ont augmenté en Europe. Au final, la société n'a pas été trop durement touchée par la fin du cours plancher, car la zone euro ne constitue que 10 à 15% de son chiffre d'affaires. La gamme de prix de Raymond Weil s'étend de 750 à 3500 francs avec un prix moyen autour de 2000 francs.

Alternative aux grands groupes

Le groupe, qui emploie au total 150 collaborateurs, se fournit en mouvements auprès de ses partenaires ETA (Swatch Group) et surtout de l'entreprise chaux-de-fonnière Sellita, avec qui elle partage un lien fort.

«Nous n'avons pas d'exclusivité, mais nous avons été les premiers à recevoir sur les marchés le dernier développement de Sellita, SW400», fait remarquer Elie Bernheim.

Au-delà, le principal défi pour une marque comme Raymond Weil est de tenir la dragée haute aux grands groupes horlogers au niveau de la distribution et de la vente.

ADN musical

«Il faut trouver les arguments justes auprès de notre réseau de distributeurs et de détaillants afin qu'ils voient notre marque comme une véritable alternative aux grands groupes», affirme Elie Bernheim. Raymond Weil compte 3500 points de vente dans le monde, dont 650 aux Etats-Unis et 300 en Angleterre.

Elie Bernheim reste très attaché à l'ADN musical de la marque. Fils d'une pianiste professionnelle et «vrai mélomane», il pratique durant son rare temps libre le violoncelle et le piano.

Le directeur général de Raymond Weil se veut optimiste, mais prudent pour l'exercice en cours. Le début de 2015 laisse à nouveau «augurer une belle année» pour la marque genevoise.

(ats)

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