05.09.2020 à 00:30

BrésilUne application informe les peuples indigènes des lieux de contamination

Des organisations de défense des peuples amérindiens ont lancé vendredi une application pour rendre compte de la propagation du coronavirus.

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Cette application gratuite utilise les données du ministère de la Santé et de leaders d’organisations du réseau de la COIAB.

Cette application gratuite utilise les données du ministère de la Santé et de leaders d’organisations du réseau de la COIAB.

Keystone

L’application sert à visualiser la propagation du Covid-19 autour des terres indigènes au Brésil afin de protéger les habitants. «Elle permet de suivre en temps réel la situation de la pandémie dans les villes situées dans un rayon de 100 km autour de chaque terre indigène», ont expliqué dans un communiqué la Coordination des Organisations Indigènes (COIAB) et l’Institut de recherches environnementales d’Amazonie (Ipam), auteurs du projet.

L’objectif est de diminuer les risques de contamination en permettant aux peuples autochtones d’identifier les zones les plus touchées et éviter de s’y rendre quand ils doivent se déplacer en ville.

Plus de 4 millions de cas confirmés

Cette application gratuite utilise les données du ministère de la Santé et de leaders d’organisations du réseau de la COIAB. «Cette collecte d’informations nous a permis d’orienter nos actions de combat contre le Covid-19, mais aussi de révéler la sous-évaluation des cas recensés par les organismes publics», explique Mario Nicacio Wapichama, vice-coordinateur de la COIAB.

Avec plus de 4 millions de cas confirmés et près de 125’000 morts, le Brésil est le deuxième pays le plus touché par le virus. Près de 30’000 autochtones ont été contaminés et 785 en sont morts, selon les dernières données de l’APIB, l’Association des peuples indigènes du Brésil.

«Des chiffres alarmants»

«Les peuples indigènes sont particulièrement vulnérables au nouveau coronavirus, avec un taux de contamination plus important de 249% que la moyenne nationale et un taux de mortalité plus élevé de 224%", souligne la COIAB.

Selon cette organisation, la faible immunité des indigènes et les intrusions de personnes venues de l’extérieur, notamment des orpailleurs ou des trafiquants de bois, «sont des raisons qui expliquent ces chiffres alarmants».

Plusieurs chefs indigènes renommés sont morts du Covid-19 et le plus célèbre d’entre eux, Raoni Metuktire, a été contaminé, mais a pu retourner dans son village vendredi après une semaine d’hospitalisation.

(ATS/NXP)

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