Actualisé 16.11.2018 à 06:56

Corée du NordUne arme de «haute technologie» en test

La Corée du Nord a annoncé vendredi avoir supervisé le test d'une nouvelle arme de «haute technologie».

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Une réunion en présence du leader nord-coréen Kim Jong Un a détaillé «de nouvelles mesures visant à renforcer la dissuasion nucléaire militaire du pays». (Dimanche 24 mai 2020)

Une réunion en présence du leader nord-coréen Kim Jong Un a détaillé «de nouvelles mesures visant à renforcer la dissuasion nucléaire militaire du pays». (Dimanche 24 mai 2020)

AFP
Séoul a minimisé mardi des informations alarmantes sur l'état de santé du leader nord-coréen Kim Jong Un. (21 avril 2020)

Séoul a minimisé mardi des informations alarmantes sur l'état de santé du leader nord-coréen Kim Jong Un. (21 avril 2020)

AFP
La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

La Corée du Nord a menacé lundi d'interrompre le dialogue avec les États-Unis alors que le chef de la diplomatie américaine s'est dit impatient que les négociations reprennent. (31 mars 2020)

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé le test d'une nouvelle arme tactique de haute technologie, a annoncé vendredi l'agence officielle au moment où les discussions entre Washington et Pyongyang sur la dénucléarisation patinent.

C'est la première fois que la Corée du Nord fait état d'un essai d'armements depuis qu'elle a entamé un délicat processus de négociations sur ses programmes nucléaire et balistique. «Kim Jong Un a visité le site d'essais de l'Académie des sciences de défense et a supervisé le test d'une nouvelle arme tactique ultramoderne», a déclaré l'agence de presse officielle, KCNA. Elle ajoute que l'essai a été couronné de succès mais n'a pas spécifié la nature de l'arme testée.

Pyongyang a annoncé en avril la suspension de ses essais nucléaires et de ses tests de missiles balistiques, élément moteur de la spectaculaire détente en cours sur la péninsule. Celle-ci s'est traduite en particulier par trois sommets intercoréens et un tête à tête historique entre M. Kim et Donald Trump.

Washington reste «confiant»

Le président américain n'a eu de cesse de saluer le comportement de Pyongyang. Le département d'Etat américain a réagi en se disant «confiant» que les assurances faites par Kim Jong Un pendant son sommet avec Donald Trump seraient tenues.

En juin à Singapour, MM. Trump et Kim «ont pris un certain nombre d'engagements sur une dénucléarisation définitive et complètement vérifiée et sur la création d'un avenir plus brillant pour la Corée du Nord», a dit un porte-parole dans un communiqué.

«Nous parlons avec les Nord-Coréens de l'application de tous ces engagements», a-t-il déclaré. «Nous restons confiants que les promesses faites par le président Trump et par le dirigeant Kim seront tenues».

A Singapour, Kim Jong Un avait réitéré un engagement nord-coréen vague en faveur d'une «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», dont les modalités et le calendrier avaient été repoussés à des négociations de suivi qui sont depuis dans l'impasse.

«Sans avertissement»

Washington exige la dénucléarisation du Nord avant toute levée des sanctions tandis que Pyongyang a condamné les «méthodes de gangster» des Américains accusés d'exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession. La reprise des tests nord-coréens jetterait des doutes sérieux sur le processus de négociations.

KCNA mentionne une arme «tactique», ce qui laisse entendre qu'il ne s'agit pas d'un missile balistique de longue portée ou d'un engin nucléaire. Les systèmes de détection de la Corée du Sud ne semblent pour l'heure pas avoir décelé de tels essais. L'agence nord-coréenne n'a publié qu'une seule photographie pour accompagner sa dépêche. On y voit des hommes en uniforme en train de prendre des notes en écoutant M. Kim.

Un expert de la Fédération des scientifiques américains, Adam Mount, a appelé à la prudence. «Cela vous rappelle que la pause (de la Corée du Nord) dans les tests de missiles est volontaire, partielle et peut prendre fin sans avertissements si elle n'est pas explicitement codifiée», a-t-il déclaré sur Twitter.

«Grande satisfaction»

M. Kim a exprimé sa «grande satisfaction» et jugé que le test constituait «un tournant décisif dans le renforcement de la puissance de combat de nos forces armées», selon KCNA.

Cette arme «ultramoderne» développée sur une longue période, et son «grand succès, sont une nouvelle démonstration frappante de la validité de la politique du parti qui accorde la priorité aux sciences et technologies de défense et à ses capacités de défense en développement rapide», selon la même source.

Les tensions sur la péninsule avaient atteint des sommets en 2017, une année rythmée par les essais nucléaires et les tirs de missiles nord-coréens, dont certains capables d'atteindre le territoire continental des Etats-Unis. En toile de fond, MM. Trump et Kim échangeaient menaces apocalyptiques et injures.

Puis le dirigeant nord-coréen annonçait que son arsenal nucléaire, dont le Nord dit avoir besoin pour se protéger contre une invasion américaine, était complet. Et les jeux Olympiques d'hiver organisés en Corée du Sud donnèrent le départ du rapprochement diplomatique. Donald Trump a dit espérer une deuxième rencontre avec Kim Jong Un au début de l'année prochaine.

Pour le professeur Yang Moo-jin, de l'Université des Etudes nord-coréennes à Séoul, le nouvel essai est «un signal envoyé» par la Corée du Nord «aux Etats-Unis avant des discussions de haut niveau pour l'avertir que sa patience à elle aussi commence à s'épuiser».

(AFP)

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