Actualisé il y a 13h

VoileAlan Roura fond en larmes après une première avarie

Le skipper genevois a dû faire face à une importante fuite d’huile au niveau de son vérin de quille bâbord. Il a réussi à limiter la casse pour repartir en direction du cap de Bonne-Espérance.

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Sport-Center
Alan Roura a dû faire face à une véritable petite marée noire sur «La Fabrique».

Alan Roura a dû faire face à une véritable petite marée noire sur «La Fabrique».

Twitter @AlanRoura

Après un océan Atlantique particulièrement clément, tant en conditions météo qu’en problèmes techniques survenus à bord de «La Fabrique», les choses sérieuses commencent pour Alan Roura. Au Nord d’une première dépression dont il sent depuis ce week-end les premières effluves, première galère à déplorer.

Fuite d’huile à bord

Samedi matin, le navigateur genevois informait son équipe à terre d’une importante fuite d’huile au niveau de son vérin de quille bâbord. La faute à la casse d’un simple joint occasionnant là une véritable petite marée noire à bord de La Fabrique. Après plus de trois heures de dur labeur, il reprenait sa route après avoir réparé le système d’étanchéité. Huilé de la tête aux pieds, mais soulagé: «C’est la première fois que je me sens impuissant face à un problème technique, je ne souhaite à personne de baigner comme ça dans l’huile, de se faire rouler au fond du bateau… J’étais en pleurs tellement j’étais content d’avoir réussi.»

Le temps d’éponger le fond de coque du puits de quille, de laver et rincer le bonhomme et la bascule de vent attendue était là. C’était reparti, direction l’Afrique du Sud.

En fin de premier peloton, Roura a bataillé pour ne pas se laisser distancer et rester «accroché au bon wagon». Dans des airs plutôt faibles et des allures principalement au près, son IMOCA «La Fabrique» n’a en effet pas encore pu montrer l’intégralité de son potentiel et, avant de toucher les airs du grand Sud, l’objectif pour son skipper se résumait à limiter la casse – il pointait à midi à la 18e place, à 1042 milles du leader, et à un peu plus de 150 milles de la 17e, la Française Clarisse Crémer.

«Alan a parfois manqué de chance, abonde Julien Villion, expert météo auprès du skipper suisse toute cette saison. Sa trajectoire est très propre depuis le début, mais entre l’option Ouest du départ qui n’a pas payé comme on l’imaginait sur papier, le Pot-au-noir qui a commencé à s’activer au moment de son passage et une accumulation de conditions pas vraiment favorables à «La Fabrique», Alan a fait ce qu’il pouvait.»

Place au grand Sud la semaine prochaine

L’avantage de ce retard sur la tête de flotte? Un dilemme stratégique en moins à l’approche de l’anticyclone de Sainte-Hélène, le contournement par l’Ouest demeurant la seule option possible pour aller attraper les premières dépressions australes.

L’inconvénient? Le risque de laisser passer le premier flux de Nord-Ouest grâce auquel les premiers parviendront à s’échapper, et devoir attendre la «seconde vague». Avec, entre deux, une nouvelle zone de vents plus faibles à négocier, avant de se faire propulser vers le cap de Bonne Espérance.

Encore un peu de patience donc, avant de retrouver les longs surfs endiablés du grand Sud, dès la semaine prochaine. Un registre qui conviendra bien davantage à «La Fabrique», qui pourra enfin laisser siffler ses foils.

Dalin creuse à nouveau l’écart

Avec le Cap de Bonne-Espérance dans le viseur, Charlie Dalin a accru son avance sur son dauphin Thomas Ruyant ce dimanche, alors que l’infatigable Jean Le Cam n’en finit pas de surprendre avec sa troisième place.

Avançant à bonne allure, Dalin («Apivia») devrait passer le pointe sud de l’Afrique en tête lundi. Le skipper français a accentué son avance sur Thomas Ruyant («LinkedOut»), qui s’était rapproché dans la nuit de samedi à dimanche, malgré un foil endommagé. Le skipper de 39 ans pointe désormais à plus de 300 milles (560 km) du leader.

Dans son sillage, le doyen du Vendée Globe à 61 ans, Jean Le Cam («Yes We Cam!»), continue d’épater la concurrence avec son navire vieux de treize ans, et fait pour l’instant mieux que tenir tête à ses concurrents à bord d’embarcations de dernière génération, équipées de foils, ces appendices latéraux qui permettent aux bateaux de s’élever au-dessus de l’eau pour prendre de la vitesse.

D’abord écarté du podium par Kevin Escoffier («PRB»), Le Cam a récupéré la troisième place dimanche matin, même s’il ne compte qu’une dizaine de milles d’avance sur son adversaire.

Cliquez ici pour retrouver le classement et la cartographie actualisés du Vendée Globe 2020-2021.

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13 commentaires
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Mayo Nèze

10.11.2020 à 11:06

28ème!?!?, mais qu'est-ce qu'il "Fabrique..." ?

Okaay

10.11.2020 à 10:41

Moi ça me va tant que l'on ne parle pas de l'autre Roura...

Sidney Enmoins

10.11.2020 à 07:58

Ha tiens, Roura a disparu du titre ! Il fallait célébrer ce matin sa 26ème place, maintenant il est en queue de peloton... ce qui était déjà le cas avant... Encore une épopée qui enthousiasme les foules !!