07.11.2020 à 17:18

VaudA Lausanne, une avenue décorée par des tricots-graffitis

Le projet participatif égaye de ses tricots urbains le 1 km de l’avenue de la Harpe, sous-gare et jusqu’au bord du lac à Ouchy.

Alors que les arbres perdent leurs feuilles, rendant certaines rues un peu tristes dans les villes, une avenue lausannoise a repris des couleurs depuis une semaine. Arbres, poteaux de signalisation et abribus ont été habillés par des créations en laine. Le projet participatif «Tricot Graffiti» égaye de ses tricots urbains les 1 km de l’avenue de la Harpe, sous-gare et jusqu’au bord du lac à Ouchy.

Le projet s’inspire du «yarn bombing» (tricot urbain), un mouvement né en 2005 aux Etats-Unis. Le concept est d’investir la rue en utilisant et en recouvrant le mobilier urbain de créations en laine: bancs, panneaux, escaliers, ponts, mais aussi des éléments de paysage naturel comme les troncs d’arbres, ainsi que les sculptures dans les places ou les jardins.

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Une barrière décorée avec de la laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

Une barrière décorée avec de la laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Un arbre emmailloté de laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

Un arbre emmailloté de laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Un parterre de fleurs en laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

Un parterre de fleurs en laine dans le cadre du projet participatif "Tricot Graffiti", à l'avenue de la Harpe, à Lausanne.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

L’idée est d’habiller les lieux publics en les rendant moins impersonnels, en les humanisant et en suscitant la réaction des passants. Depuis outre-Atlantique, ce mouvement s’est ensuite largement diffusé, notamment en Europe de l’Est et en Angleterre.

Dans la tête de Julie Chanel, responsable du magasin de laine «Little Maille» sur l’avenue de la Harpe, le projet trotte depuis plusieurs années et a mûri au début 2019. En mai de la même année, elle dépose un dossier dans le cadre du concours du budget participatif de la Ville de Lausanne, sous la houlette du Collectif «Tricot Graffiti de la Harpe». Le résultat tombe à l’automne: son projet est l’un des lauréats et reçoit une aide de 5000 francs.

Environ 200 kg de laine

Depuis décembre 2019, Mme Chanel a réuni une soixantaine de bénévoles, toutes passionnées de tricot ou de crochet, via des associations, sa boutique, les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille. «Au début, on se réunissait à plusieurs pour tricoter ensemble puis le coronavirus nous a mis un peu des bâtons dans les roues. En même temps, le semi-confinement a été propice au tricot», explique à Keystone-ATS Julie Chanel.

En plusieurs mois, environ 200 kilos de laine ont été utilisés pour habiller 114 arbres, des poteaux de signalisation, des abribus ou des barrières, précise-t-elle. Il a fallu deux jours pour installer les créations fin octobre, avec notamment l’aide de jardiniers de la Ville. Les oeuvres sont à voir depuis le 1er novembre et jusqu’au 30 avril 2021, du rond-point de Montriond à Ouchy, sous-gare.

La réalisation de ce projet participatif a été «une leçon de solidarité et de lien social que je n’aurais jamais imaginée», confie Mme Chanel. Sur la soixantaine de participantes, dont deux hommes, la tranche d’âge va de 21 à 86 ans.

Recyclage en vue

Le budget de 5000 francs a permis de financer le site internet du collectif, des flyers, des posters ainsi que de la laine à hauteur de 1000 francs, selon l’initiante. Les trois quarts restants de la laine nécessaire ont été fournis par des dons personnels.

Sur son site internet, le collectif explique aussi qu’après consultation avec le Service des parcs et jardins de la Ville, la laine n’endommage pas les arbres. «Nous avons été vigilants lors des installations afin d’utiliser des matériaux comme la fibre de coco pour protéger les écorces», souligne-t-il.

L’association ajoute enfin qu’à la fin de l’exposition, une partie des tricots-graffitis seront conservés pour être exposés dans divers endroits. Les éléments les plus endommagés seront donnés à une entreprise qui fabrique des isolants en laine. Le reste sera offert à des refuges pour animaux afin de faire des couvertures.

www.tricotgraffitiharpe.ch

(ATS/NXP)

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