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ThaïlandeUne bombe a blessé des dizaines de manifestants à Bangkok

Des manifestants ont été blessées par une explosion qui s'est produite vendredi à Bangkok, lors d'un défilé de protestataires réclamant la chute du gouvernement thaïlandais.

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La bombe artisanale a fait des dizaines de blessés vendredi dans les rangs des manifestants antigouvernementaux thaïlandais. Dernier épisode violent d'une crise politique où les  protestataires demandent la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra. (17 janvier 2014)

La bombe artisanale a fait des dizaines de blessés vendredi dans les rangs des manifestants antigouvernementaux thaïlandais. Dernier épisode violent d'une crise politique où les protestataires demandent la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra. (17 janvier 2014)

AFP
L'explosion d'une bombe à Bangkok lors d'une manifestation contre le gouvernement a fait une trentaine de blessés. (17 janvier 2014)

L'explosion d'une bombe à Bangkok lors d'une manifestation contre le gouvernement a fait une trentaine de blessés. (17 janvier 2014)

Reuters
Une bombe a explosé lors d'une manifestation contre le gouvernement thaïlandais faisant une trentaine de blessés. (17 djanvier 2014)

Une bombe a explosé lors d'une manifestation contre le gouvernement thaïlandais faisant une trentaine de blessés. (17 djanvier 2014)

Keystone

Une bombe a fait des dizaines de blessés vendredi dans les rangs des manifestants antigouvernementaux thaïlandais. Il s'agit du dernier épisode violent d'une crise politique qui a déjà fait huit morts en deux mois et demi. Les protestataires demandent la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra.

La police a indiqué que la bombe artisanale avait été lancée vers 13h00 (07h00 suisses) par des inconnus sur un cortège d'opposants conduits par leur chef de file, Suthep Thaugsuban, près de l'université Chulalongkorn, dans le centre de la capitale.

«La bombe a explosé à environ 30 mètres de Suthep et ses gardes de corps l'ont escorté pour retourner au parc Lumpini», un des sites occupés depuis quelques jours, a déclaré le porte-parole du mouvement d'opposition Akanat Promphan.

La chaîne de télévision pro-manifestants Bluesky a diffusé des images de flaques de sang et de personnes allongées par terre avant qu'elles ne soient emmenées par des ambulances vers plusieurs hôpitaux.

L'Erawan Medical Center, qui coordonne les hôpitaux de Bangkok, a indiqué que 36 personnes ont été blessées, dont une gravement. La police a indiqué avoir envoyé des enquêteurs sur place pour déterminer la nature de l'explosif.

D'autres incidents violents ont été signalés vendredi dans le quartier des administrations occupé par les manifestants, notamment autour du bureau des passeports.

Engluée dans des crises politiques

Les manifestants réclament la tête de Mme Yingluck et le remplacement du gouvernement par un «conseil du peuple» non élu. Ils veulent aussi la fin de ce qu'ils appellent le «système Thaksin», du nom de son frère Thaksin Shinawatra qu'ils accusent d'être associé à une corruption généralisée et de gouverner à travers sa soeur depuis son exil.

L'ancien Premier ministre, qui reste le personnage central de la politique du royaume, a été renversé en 2006 par un coup d'Etat. Depuis, la Thaïlande est engluée dans des crises politiques à répétition, divisant la société entre ceux qui l'adorent et ceux qui le haïssent.

Tirs ou autres provocations lors de mouvements de rue ne sont pas une première dans un pays habitué des violences politiques. Mais les incidents des dernières semaines s'étaient généralement produits la nuit dans des campements des manifestants, pas en plein jour, au milieu d'un défilé.

Accusations mutuelles

Les deux camps s'accusent mutuellement d'être à l'origine des incidents, comme ils l'ont fait vendredi. «Le gouvernement, Yingluck et les voyous des 'chemises rouges' créent la violence», a insisté un autre meneur des manifestants, Satit Wonghnongtaey.

Mais le porte-parole du mouvement pro-Thaksin des «chemises rouges» a nié toute implication. Le vice-premier ministre Surapong Tovichakchaikul s'est dit convaincu que les manifestants tentaient d'inciter à la violence.

«Un mouvement a été mis en place pour créer une situation d'attaques à la bombe contre les maisons de leaders et les manifestants», a-t-il déclaré à la presse juste après l'explosion.

La mobilisation faiblit

Des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants avaient lancé lundi une opération de «paralysie» de Bangkok, occupant plusieurs carrefours stratégiques de la capitale. La mobilisation semble depuis avoir faibli. Le gouvernement a appelé la police à arrêter Suthep Thaugsuban, visé par un mandat d'arrêt pour insurrection émis début décembre.

Pour tenter de résoudre la crise, le cheffe du gouvernement a convoqué des législatives anticipées pour le 2 février. Mais les manifestants ne veulent pas de ce scrutin qui a toutes les chances d'être remporté par le parti au pouvoir, et le Parti démocrate le boycotte.

Alors que la justice avait chassé du pouvoir en 2008 deux Premiers ministres pro-Thaksin, Yingluck Shinawatra fait face à des menaces judiciaires qui pourraient mettre fin à son gouvernement. La commission nationale anti-corruption a lancé jeudi une enquête à son encontre pour examiner une possible négligence en lien avec un programme controversé d'aides aux riziculteurs.

(AFP)

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