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HambourgUne bouteille à la mer retrouvée 101 ans plus tard

Un Allemand avait envoyé à la mer une carte postale dans une bouteille en 1913. Elle a été repêchée le mois dernier. Sa petite-fille raconte cette aventure.

par
Sandra Imsand
Angela Erdmann s'est extasiée la semaine passée devant la bouteille et la carte postale écrite par son grand-père.

Angela Erdmann s'est extasiée la semaine passée devant la bouteille et la carte postale écrite par son grand-père.

IMMH

«Le 13 mars restera gravé à jamais dans ma mémoire.» C'est ainsi qu'Angela Erdmann se rappelle la journée où elle a eu des nouvelles de son grand-père, décédé il y a 68 ans. «J'étais allée faire un tour à vélo et, à mon retour, un homme m'attendait devant chez moi. Je me suis dit que ce devait être un représentant.» Or, il s'agissait d'un généalogiste. Ce chercheur allemand venait annoncer à la Berlinoise que son grand-père avait lancé un message à la mer en 1913, alors qu'il était âgé de 20 ans. Et que cette bouteille venait d'être repêchée quelques jours auparavant, soit 101 ans plus tard! «On a beaucoup parlé, je n'en revenais pas!» explique la femme, encore visiblement émue, au «Matin».

C'est au large de la ville de Kiel, dans la mer Baltique, qu'un pêcheur a ramené la bouteille dans ses filets. Il a confié sa trouvaille au Musée maritime de Hambourg. Le flacon – une vieille bouteille de bière brune – contenait une carte postale timbrée écrite par Richard Platz, demandant à la personne qui la trouverait de renvoyer la carte à l'expéditeur, adresse à l'appui. Selon les experts, il s'agirait de la plus ancienne bouteille jamais retrouvée. Le record était précédemment détenu par un message envoyé à la mer en 1914 et qui avait passé 98 ans dans l'eau avant d'être repêché.

Pendant plusieurs jours, les scientifiques ont tenté de retrouver la piste de la descendance de ce Richard Platz, sans succès. Jusqu'à ce qu'un généalogiste berlinois plus tenace que les autres pointe son nez. «Le père de Richard, qui s'appelait également Richard, possédait une boulangerie, explique Angela Erdmann. Or, ils ont déménagé quelques années plus tard dans une autre rue de Hambourg. Adresse à laquelle j'ai vécu avec ma grand-mère jusqu'à mes 8 ans. Il n'y a eu qu'une seule personne pour faire le rapprochement.»

Après avoir appris la nouvelle, Angela Erdmann a contacté sa cousine. Cette dernière lui a fait parvenir un immense paquet contenant des objets personnels de son grand-père, Richard Platz. Des photos, des lettres, des journaux intimes. Avec ces échantillons d'écriture, les chercheurs ont pu identifier avec certitude l'identité de l'expéditeur de la missive.

Un moment très émotionnel

Ce n'est que mercredi passé qu'Angela Erdmann a pu aller voir la fameuse bouteille sur place, à Hambourg. Un moment d'une grande intensité. «Je n'ai pas pu retenir mes larmes, explique-t-elle. L'écriture est un peu effacée à cause de l'humidité, mais on arrive encore à déchiffrer les mots.» Elle a décidé d'offrir des photos de son aïeul au musée, afin que les visiteurs puissent mettre un visage sur cette incroyable histoire.

«Je ne connaissais pas grand-chose de mon grand-père. Il est mort 6 ans avant que je vienne au monde. Grâce à cette aventure, j'ai enfin pu faire sa connaissance, de manière posthume. J'ai découvert à quel point c'était un homme formidable qui aimait les gens, la nature et la littérature. Il avait une immense bibliothèque et avait une vraie passion pour les pays lointains, en particulier l'Egypte.»

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