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Affaire Rocchi«Une décision qui évitera d'autres bavures, j'espère»

Les acteurs des médias saluent unanimement la décision du Tribunal neuchâtelois des mesures de contrainte. Le procureur Aubert, de son côté, «prend acte».

par
Cléa Favre
Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse, est satisfait par cette décision de justice.

Dominique von Burg, président du Conseil suisse de la presse, est satisfait par cette décision de justice.

Keystone

«Elle me satisfait complètement», réagit Dominique von Burg. Le président du Conseil suisse de la presse réagit à la décision du Tribunal neuchâtelois des mesures de contrainte, qui a jugé illicites les perquisitions effectuées au domicile du journaliste du «Matin» Ludovic Rocchi. «La liberté de la presse est un bien très important que l'on ne peut violer que dans des circonstances très exceptionnelles, comme la préparation d'un attentat. Et sûrement pas pour une affaire de plagiat. J'aurais ajouté : «ridicule» à la place du Tribunal mais ce n'est pas un terme juridique!» Dominique von Burg espère que cette décision permettra d'éviter à l'avenir «ce genre de bavures».

Contacté par «Le Matin», le procureur neuchâtelois Nicolas Aubert a déclaré: « Je prends acte de l'ordonnance et j'examinerai comment l'inscrire dans la suite de la procédure.»

«Nous sommes vraiment soulagés. C'est une décision très importante pour les journalistes suisses», commente de son côté Marcel Hänggi, secrétaire du collectif investigativ.ch, précisant aussi qu'il n'est pas surpris. «Nous avons toujours été convaincu du caractère disproportionné de ces perquisitions.» A ses yeux, cette affaire met tout de même en lumière une législation suisse moins favorable à la liberté de la presse que dans les autres pays.

Une excellente nouvelle

Clément Charles, directeur et fondateur de l'agence de presse All The Content parle lui aussi d'une «excellente nouvelle». «Dans les deux cas problématiques - l'affaire Rocchi et Giroud - la justice a finalement pris la décision qui va dans le sens de l'intérêt public et de la liberté de la presse. C'est rassurant. Tout comme l'indignation général que ces abus ont suscitée», juge-t-il.

Quant à Impressum, il évoque «une grande victoire pour le liberté de la presse». «Nous avons toujours été d'avis que ces perquisitions étaient contraires à la liberté d'informer et à la Convention européennes des droits de l'homme. On se réjouit bien sûr beaucoup de cette décision», déclare sa secrétaire centrale Dominique Diserens.

Cette affaire avait ému également à l'étranger. Responsable du département Liberté de la presse de la World Association of Newspapers and News Publishers, Andrew Heslop affirme que «cela vient légitimer les mois de lutte et les informations de Ludovic Rocchi». «Je constate que la liberté de la presse est toujours vivante en Suisse. La Justice a répondu à nos inquiétudes.» Selon lui, le journalisme doit être protégé partout en Europe où la pression sur la protection des sources s'accroît, comme on a pu le voir avec Wikileaks ou l'affaire Snowden.

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