Football - Une défaite qui n’appelle pas de révolution

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FootballUne défaite qui n’appelle pas de révolution

Servette vit dans la stabilité. Et son revers contre Lugano n’inquiète pas: il met simplement l’accent sur les détails à affiner.

par
Valentin Schnorhk
(Genève)
La fatigue des troupes est un fait. Mais pas de quoi s’affoler pour l’entraîneur servettien Alain Geiger.

La fatigue des troupes est un fait. Mais pas de quoi s’affoler pour l’entraîneur servettien Alain Geiger.

Lafargue

La déception ne s’explique que par l’occasion manquée. Servette avait, il est vrai, la possibilité de commencer sa saison avec six points en deux matches. Ce n’est pas une habitude des Grenat (la saison de la montée, il y a trois ans, fait figure d’exception), et on aurait pu y voir le signe d’une stabilité qui leur donne raison. Raté, pour ce qui est du 2 sur 2. Le SFC n’enchaîne pas après son succès inaugural à Sion, ni après celui contre Molde en Conference League jeudi. Une défaite 2-0 contre Lugano, qui ne dit cependant pas beaucoup plus que son simple score. Autrement dit, pas d’inquiétude, et les seuls motifs de s’interroger sont aussi porteurs d’espoir.

Profitons de les lister. Le premier tient sur le fait que les Genevois viennent de disputer quatre matches en dix jours. «J’ai senti des garçons moins frais, ce qui peut expliquer le contrecoup en début de deuxième période (ndlr: lorsque Servette a encaissé coup sur coup les deux buts luganais), a observé Alain Geiger. Mais nous avons eu quand même de belles occasions et nous avons laissé passer nos chances.» Pas d’excuse, mais plutôt une manière de relativiser, avant une première semaine pleine pour travailler. Sans oublier que Cognat, Kyei ou Stevanovic auraient dû marquer en première période, et contraindre Lugano à courir après le score. Une équipe fatiguée a plus de facilité à tenir un résultat qu’à chercher à l’inverser. Petite leçon.

Le réalisme en question, donc. Rien de très nouveau avec ce Servette. Il n’y a de toute façon pas grand-chose de neuf à la Praille. Pas de révolution de palais, à l’instar de celle à laquelle Lugano opère (joliment) en passant de Jacobacci à Braga sur son banc. Non, les Grenat jouent la carte de la stabilité, celle qui leur a toujours réussi jusque-là. Alors, tactiquement, Servette est en place. Il sait à quoi il joue et comment il y joue. Dans la manière de se créer des occasions, il y a eu dimanche l’image d’une équipe qui insiste sur ses qualités. Notamment à la récupération de balle, lorsqu’il faut exploiter la verticalité apportée par la percussion de Cognat ou les courses de Stevanovic. Imeri a aussi su trouver des lignes de passes hyper intéressantes pour sanctionner le manque de compacité tessinois.

Une défense de zone pas encore au point

Cela fonctionnait, et il aurait en effet fallu marquer un but. Mais ce Servette-là a aussi la volonté de corriger les détails qui ne vont pas dans le bon sens. Un exemple, pas si anodin: la passivité sur corner défensif, qui a coûté cher lors du match aller à Molde, veut être résolue. Le choix de Geiger et de son staff est un marquage de zone intégral (alors qu’il était mixte avant, avec un peu de zone et beaucoup d’individuel). C’est ambitieux, mais cela suggère encore quelques ajustements. Car la zone servettienne a paru bien désorganisée sur le second but luganais, lorsque les Tessinois ont joué leur corner en attendant de mettre la balle dans la boîte. C’est ainsi que l’on apprend.

Et puis, Servette ajuste aussi par petites touches au niveau du mercato. L’arrivée de Dimitri Oberlin vient combler un vide: «Nous voulions de la vitesse devant, a dit Geiger. Nous avons essayé (Kevin) Bua, mais il est parti à Sion. Il fallait donc aussi quelqu’un qui veuille s’inscrire dans notre projet et dans nos capacités. Il faudra le relancer.» Le Vaudois a besoin de quelque temps avant d’être prêt: deux ou trois semaines, selon son nouvel entraîneur. Au-delà des légitimes doutes sur son véritable niveau, le ciblage a fonctionné. Servette disposera d’un profil différent, et cela dit quelque chose de la volonté d’apporter des réponses aux questions qui peuvent se poser. Une stratégie globale à laquelle on peut souscrire. Même après une défaite.

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