05.08.2020 à 04:08

Locarno 2020Une édition hybride dans les starting-blocks

Mercredi soir marque le début du festival du film de Locarno qui proposera, malgré la pandémie, quelque 120 films dans six sections, sous la devise «1 web et 3 salles de cinéma».

Une exposition de photos est proposée sur la Piazza Grande dès mardi, un jour avant l’ouverture du Festival du film de Locarno.

Une exposition de photos est proposée sur la Piazza Grande dès mardi, un jour avant l’ouverture du Festival du film de Locarno.

KEYSTONE/Pablo Gianinazzi

Le festival du film de Locarno ouvre mercredi soir, mais sans Piazza Grande. La relève du cinéma romand ne manquera pas ce rendez-vous tessinois, même limité par la pandémie.

Mercredi soir, Isabelle Moret, la présidente du Conseil national et Hans Stöckli, président du Conseil des États, feront le déplacement à Locarno. Leurs interventions ainsi que celles de Marco Solari, président du Festival et Lili Hinstin, sa directrice artistique seront diffusées en direct sur YouTube. La directrice de l'Office fédéral de la culture Isabelle Chassot sera également à Locarno mais ne prendra pas la parole, a précisé un porte-parole de l’OFC.

Locarno 2020 propose pendant onze jours près de 120 films dans six sections, sous la devise «1 web et 3 salles de cinéma». Le festival, qui n’a pas souhaité se livrer à un copié/collé d’une édition normale, a pour objectif d’aider les créateurs en difficulté mais aussi les exploitants et les distributeurs.

Pour les premiers, deux sélections officielles (dix films suisses et dix internationaux) sont rebaptisées pour l’occasion «Les films après demain» (The Films After Tomorrow) et proposent des projets qui ont vu leur production suspendue par la pandémie. Les deux jurys ne sont composés que de cinéastes, dont la réalisatrice et scénariste américaine Kelly Reichhardt qui ouvre virtuellement le festival mercredi soir.

Pour les exploitants et les distributeurs, une partie des recettes de la billetterie sera reversée aux salles qui programment du cinéma d’auteur. Un sponsor a acheté 12’000 billets et les spectateurs en ligne pourront faire un don.

Pour cette édition inédite, la programmation accessible en ligne sur une plateforme VOD propose des extraits de films inachevés ou des anciennes productions qui ont eu l’honneur de la Piazza Grande lors de précédentes éditions. Quelques films pourront être vus dans trois salles à Locarno et Muralto, avec entre 200 et 300 personnes selon les salles.

Cinq courts-métrages romands

Une seule compétition officielle est maintenue, celle des Léopards de demain (Pardi di domani). Parmi eux une dizaine de projets suisses dont cinq romands.

Avec Trou noir (Black Hole), le Valaisan Tristan Aymon, 34 ans, un ancien étudiant de l’ECAL, raconte pendant 28 minutes l’adolescence dans un Valais rural qui prend des teintes américaines.

Ecorce (Peel), réalisé par le duo fribourgeois Samuel Patthey et Silvain Monney, 27 ans, est un film d’animation de 15 minutes, qui a pour décor un EMS. Il s’agit de la première collaboration entre les deux jeunes gens.

Une grive battant ses ailes contre le vent (Um Tordo Batendo As Asas Contra o Vento) est un docufiction au titre en portugais qui essaie de capter le quotidien d’un travailleur étranger dans une ferme genevoise. Pendant 16 minutes, Alexandre Haldemann, 25 ans, étudiant à l’HEAD à Genève, tente de cerner la réalité de ceux d’«en bas».

Justine de Gasquet, 29 ans, aussi étudiante à l’HEAD à Genève, a travaillé uniquement avec des images d’archives. Son travail s’appuie sur une correspondance qu’elle a entretenue avec un prisonnier américain. Intitulé «The De Facto Martyr Suite», ce court-métrage dure 18 minutes.

Enfin, Aylin Gökmen, 29 ans, propose avec Esprits et roches: un mythe açorien (Espiritos e Rochas: um Mito Açoriano) un film en noir et blanc entre rêve et documentaire. On y voit des éruptions volcaniques et l’impact de cette proximité sur les habitants des Açores.

Les courts-métrages pourront être vus en salle et seront partagés en ligne sur réservation à 1590 internautes. Ce chiffre correspond au nombre de spectateurs qui auraient pu assister physiquement aux séances normalement. Dès le mois de novembre, tous ces courts-métrages seront proposés en salle à travers la Suisse.

Les amateurs du 7e art pourront encore suivre pendant cette édition des débats en ligne, organisés entre de jeunes cinéastes et des auteurs confirmés.

(ATS/NXP)

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