Suisse - Une élue demande de bannir les sucreries près des caisses
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SuisseUne élue demande de bannir les sucreries près des caisses

La conseillère nationale genevoise Laurence Fehlmann Rielle souhaite que les magasins suppriment les friandises aux abords des caisses. Le Conseil fédéral l’approuve.

Bonbons, chewing-gums et chocolats sont bien placés à la caisse de cette enseigne d’un géant orange dans le Nord vaudois. Difficile d’y résister quand il faut patienter dans la file d’attente pour payer.

Bonbons, chewing-gums et chocolats sont bien placés à la caisse de cette enseigne d’un géant orange dans le Nord vaudois. Difficile d’y résister quand il faut patienter dans la file d’attente pour payer.

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Les parents le savent bien quand ils vont faire les courses avec leurs enfants dans les supermarchés. La queue aux caisses s’apparente souvent à un calvaire lorsque celles-ci présentent comme autant de tentations bonbons, chocolats et autres sucreries à portée de main. Ces étals portent même un surnom en allemand, des «Quengelzone» ou zones de pleurnicheries, car les bambins implorent souvent leurs géniteurs de leur acheter une friandise. Du coup, la conseillère nationale Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE) est montée au créneau.

Dans une interpellation, elle demande ainsi au Conseil fédéral de prendre exemple sur la ville de Berkeley en Californie qui a récemment banni les produits sucrés des caisses des grands magasins ayant une surface de 230 m² au moins. À leur place, ils sont incités à placer des produits meilleurs pour la santé. But: promouvoir une alimentation saine.

42% des Suisses en surpoids ou obèses

En Suisse, des organisations de consommateurs ont aussi présenté cette revendication avec un certain succès puisque plusieurs enseignes ont installé des «caisses pour familles» où il n’y a pas de sucreries «mais de nombreuses grandes surfaces n’ont pas donné suite à cette idée», souligne la Genevoise dans son interpellation. Or 42% de la population est actuellement en surpoids ou obèse en Suisse, note-t-elle. Il faut donc à tout prix protéger les enfants dès leur plus jeune âge en essayant de les habituer à consommer des produits équilibrés le plus vite possible, estime-t-elle.

Dès lors, la Genevoise demande au Conseil fédéral de se pencher sur l’opportunité d’inciter les grands distributeurs à supprimer les produits sucrés situés à proximité des caisses des magasins pour les remplacer par des produits sains.

Conseil fédéral favorable

Dans sa réponse publiée cette semaine, le gouvernement se dit favorable à l’idée. «Aménager la zone des caisses est une mesure qui permet de protéger les enfants contre une forme spécifique de publicité. Le Conseil fédéral est donc favorable à l’idée d’émettre, à titre de mesure complémentaire, une recommandation destinée notamment aux grands distributeurs pour qu’ils aménagent leurs caisses avec des produits sains», écrit-il. En outre, il soutient les initiatives privées qui vont dans ce sens, telles que les promesses d’actions volontaires.

Mais il mise avant tout sur son plan d’action baptisé «Stratégie suisse de nutrition 2017-2024» qui vise à promouvoir une alimentation équilibrée et variée pour le maintien de la santé et la prévention des maladies. Sa première priorité est d’informer les consommateurs (grâce par exemple à l’instauration facultative du système d’étiquetage Nutri-Score, souligne-t-il) et d’améliorer la composition des produits en collaboration avec l’industrie alimentaire.

Un autre objectif important est l’abandon volontaire de la publicité destinée aux enfants pour des denrées alimentaires trop sucrées, trop grasses ou trop salées. «Cependant, la coopération avec les entreprises se révèle plus difficile», reconnaît le Conseil fédéral. «L’industrie alimentaire n’est pas encore prête à prendre en compte des critères plus stricts qu’à l’heure actuelle», déplore-t-il. En ce sens, la proposition de Laurence Fehlmann Rielle pourrait compléter sa stratégie, estime-t-il.

(cht)

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