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discriminationUne enfant handicapée exclue de la crèche, la mère porte plainte

Souffrant d'une malformation congénitale, une sorte de "grain de beauté géant", une enfant de deux ans a été exclue d'une crèche française.

La fillette, photographiée par Le Parisien.

La fillette, photographiée par Le Parisien.

La mère d’une enfant de deux ans atteinte d’une anomalie dermatologique - un "grain de beauté géant" - a porté plainte contre X pour discrimination après que la fillette eut été exclue d’une crèche parisienne, a-t-elle annoncé lundi, confirmant une information du Parisien. Hanane Douibi avait inscrit sa fille à la crèche collective municipale Convention (XVe) avant sa naissance.

Or son accouchement en août 2009 a révélé que l’enfant souffrait d’un naevus géant congénital, une malformation de la peau pouvant recouvrir une grande partie du corps, selon la plainte déposée vendredi à Paris par l’avocat de Mme Douibi, Me Gilles-Jean Portejoie.

Admise en novembre 2010 à la crèche, la fillette n’y passera que trois semaines, puisque la directrice invite sa mère à rencontrer le médecin de la crèche qui lui recommande "avec une insistance perceptible" de garder son enfant "au chaud avec elle", selon la plainte. Cette exclusion a pris "l’apparence de conseils appuyés et non d’un refus explicite" mais "ne semble s’expliquer que par la particularité physique de l’enfant, qui peut être impressionnante au premier regard mais n’est pas contagieuse et ne nécessite aucun soin particulier du personnel de la crèche", selon la plainte.

La fillette est actuellement traitée, notamment au moyen de greffes de la peau.

Sentant que sa fille n’était "pas la bienvenue" dans la crèche, Mme Douibi a retiré l’enfant de la structure et décidé de la garder à domicile. "Je souhaite que la justice dise que cette exclusion était discriminatoire et permette à ma fille de vivre comme tous les enfants de son âge", a déclaré Mme Douibi. Elle a longtemps hésité à porter plainte, mais cette exclusion lui paraît "tellement insupportable" qu’elle a décidé de le faire, a expliqué Me Portejoie. "Aucune explication crédible n’a été avancée par la direction de la crèche pour refuser la prise en charge", note l’avocat, une attitude "d’autant plus inadmissible que cette structure remplit une mission de service public, et que le refus d’un service de garderie pour des motifs d’apparence physique (...) ne saurait être toléré".

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