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ScienceUne étude défend le droit de tuer les bébés

Deux universitaires spécialistes de la bioéthique viennent de signer un papier très sérieux mettant sur le même plan avortement et infanticide.

par
Pomey Raphaël
Keystone

Les deux chercheurs, formés à l'Université de Melbourne, ainsi qu'à Oxford, ont publié le résultat de leur travail dans le Journal of Medical Ethics, une revue britannique prestigieuse. Intitulé « L'avortement post-natal: pourquoi le bébé devrait-il vivre ?», le texte assimile les nouveaux-nés à des «personnes potentielles», au même titre que les fœtus, et en vient à conclure que l'intérêt de leur famille prévaut sur celui des tout-petits. Ce qui donnerait aux parents un droit à tuer les bébés en cas de besoin. A la simple condition que l'enfant ne souffre pas durant sa mise à mort.

Les scientifiques, raisonnant en philosophes, estiment ainsi que l'«avortement post-natal» devrait être permis en cas de maladies non-détectées durant la grossesse, ou en cas de difficultés des parents, qui transformeraient leurs rejetons en fardeaux. Un argument décisif serait le fait qu'un nouveau-né n'a encore « aucun droit moral à la vie », en raison de son absence de rêves ou de projets. La présence de telles pensées chez les « vraies personnes » l'entourant donnerait donc une priorité sur le bébé.

Le papier a évidemment suscité des réactions particulièrement violentes, en particulier à l'égard de sa jeune co-auteure. Dépassée par les menaces de morts et les réactions outrées de milieux « pro-life », la jeune chercheuse, ainsi que ses collaborateurs ont tenté de préciser que leurs propos devaient être compris comme le résultat de raisonnements strictement logiques, et que les auteurs n'appelaient pas à un changement de lois

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