Espace – Une exoplanète déformée en ballon de rugby par les marées
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EspaceUne exoplanète déformée en ballon de rugby par les marées

Des chercheurs des Universités de Berne et de Genève ont détecté pour la première fois la déformation d’une exoplanète. Cela grâce au télescope spatial CHEOPS.

La planète WASP-103b, dans la constellation d’Hercule, est déformée par les fortes marées exercées par son étoile.

La planète WASP-103b, dans la constellation d’Hercule, est déformée par les fortes marées exercées par son étoile.

UNIGE

Une équipe internationale comprenant des chercheurs des Universités de Berne et de Genève, ainsi que du Pôle de recherche national PlanetS, a pu détecter pour la première fois la déformation d’une exoplanète. Cette découverte a été réalisée grâce au télescope spatial CHEOPS, lancé en décembre 2019, dans une mission conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la Suisse, dirigée par les deux hautes écoles helvétiques, annonce l’Université de Genève dans un communiqué mardi.

Fortes marées

Les scientifiques ont pu observer de près la planète WASP-103b, située dans la constellation d’Hercule. Sa taille est presque deux fois plus grande que Jupiter, qui est déjà la plus grosse planète de notre système solaire. Elle est en outre 50 fois plus proche de son étoile que la Terre ne l’est du Soleil.

Comme pour la Terre avec la Lune, WASP-103b est soumise à des marées. Mais celles-ci sont extrêmes en raison de la proximité de l’exoplanète avec son étoile. La planète ne met en effet qu’un jour à tourner autour de celle-ci, explique l’UNIGE. Pour le coup, elle est soumise à des forces de marée si intenses qu’elle est déformée jusqu’à prendre l’apparence d’un ballon de rugby.

Les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer avaient déjà observé l’exoplanète par le passé. Toutefois, c’est la haute précision de CHEOPS qui a permis aux scientifiques de mesurer le minuscule signal de la déformation de WASP-103b due aux marées, à plus de 2800 années-lumière de distance.

Les effets de la marée sur la roche

«C’est incroyable que nous ayons pu le faire; c’est la première fois qu’une telle analyse se révèle possible», selon Babatunde Akinsanmi, chercheur au Département d’astronomie de la Faculté des sciences de l’UNIGE et coauteur de l’étude.

À quoi cette découverte, qui vient d’être publiée dans la revue «Astro­nomy & Astrophysics», va-t-elle servir? Elle permettra non seulement d’en savoir plus sur la forme de la planète mais aussi sur sa composition. «Sur Terre, nous ne pouvons voir les marées que dans les océans. La partie rocheuse ne bouge pas beaucoup. En mesurant à quel point la planète est déformée, nous pouvons déterminer quelle proportion est constituée de roche, de gaz ou d’eau», explique Babatunde Akinsanmi.

De futures observations avec CHEOPS et le télescope spatial James Webb, lancé tout récemment, seront encore nécessaires pour déchiffrer les détails de la déformation et de la structure interne de WASP-103b et des exoplanètes comparables.

(cht/comm)

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